Crise migratoire : Trump annule un programme clé de l’ère Biden
En mettant fin à un programme humanitaire lancé sous l’administration Biden, Donald Trump opère un tournant majeur dans la politique migratoire américaine. Cette décision pourrait affecter plus d’un demi-million de migrants originaires de Cuba, d’Haïti, du Nicaragua et du Venezuela, qui avaient trouvé un répit temporaire sur le sol américain.
Un programme humanitaire sous Biden dans le viseur
Instauré par le président Joe Biden en 2023, le programme de « parole humanitaire » permettait à certains ressortissants de pays instables d’entrer légalement aux États-Unis. Ce dispositif offrait un permis de séjour temporaire de deux ans, accompagné d’une autorisation de travail, pour des migrants fuyant des crises humanitaires, politiques ou économiques.
Plus de 530 000 personnes en ont bénéficié, selon les chiffres officiels, principalement des Cubains, Haïtiens, Nicaraguayens et Vénézuéliens. Pour beaucoup, ce programme représentait une chance d’échapper à des régimes autoritaires, à l’instabilité chronique ou à la misère. La décision de Donald Trump de révoquer ce statut marque un changement radical dans la politique migratoire américaine.
Une révocation à effet immédiat
Selon le Département de la Sécurité intérieure (DHS), la révocation du statut de ces migrants prendra effet dès le 24 avril 2025. À partir de cette date, les bénéficiaires perdront leurs autorisations de travail et seront de nouveau exposés à une possible expulsion du territoire.
Le DHS justifie cette décision par un changement de contexte : « Les conditions humanitaires exceptionnelles ayant motivé ce programme ne sont plus réunies », indique le communiqué officiel. L’administration Trump évoque également des soupçons de fraude dans le processus de sélection des bénéficiaires, notamment des documents falsifiés ou des informations dupliquées.
Des expulsions en perspective
Concrètement, les migrants concernés devront quitter le pays avant l’expiration de leur permis, sous peine d’être placés en procédure d’expulsion accélérée. Aucune mesure d’accompagnement ou de régularisation alternative n’a été annoncée pour ceux ayant construit une vie aux États-Unis durant ces deux années.
Pour les défenseurs des droits des migrants, cette décision est brutale. « Ce sont des familles entières qui risquent d’être séparées ou renvoyées vers des pays en crise », déplore l’ONG Human Rights First. Certains travailleurs occupaient des emplois essentiels dans les services, la construction ou la santé.
Une mesure politique au cœur de la campagne
La révocation de ce programme s’inscrit dans la stratégie de Donald Trump en vue de la présidentielle de novembre. L’ancien président, en campagne pour retrouver la Maison Blanche, fait de la lutte contre l’immigration l’un de ses chevaux de bataille. Il promet de reprendre le contrôle des frontières et de démanteler les politiques de « laxisme migratoire » de son prédécesseur.
Pour ses partisans, cette décision est saluée comme une victoire en matière de souveraineté et de sécurité. Mais pour de nombreux observateurs, elle révèle surtout une polarisation croissante sur les questions migratoires aux États-Unis. Le sort de ces 530 000 migrants risque ainsi de devenir un symbole de l’affrontement entre deux visions radicalement opposées de l’Amérique.

