Casa France, placée en liquidation judiciaire, va fermer ses 143 magasins d’ici fin juin 2025. Environ 700 salariés sont concernés. La défaillance logistique du groupe belge a précipité la chute de l’enseigne de décoration.
Casa France, placée en liquidation judiciaire, va fermer ses 143 magasins d’ici fin juin 2025. Environ 700 salariés sont concernés. La défaillance logistique du groupe belge a précipité la chute de l’enseigne de décoration.

C’est une page qui se tourne dans le paysage de la décoration en France. Le tribunal de commerce de Bobigny a prononcé, mercredi 11 juin 2025, la liquidation judiciaire de Casa France, entraînant la fermeture programmée des 143 magasins de l’enseigne sur le territoire. En tout, environ 700 salariés vont perdre leur emploi, dont 577 en CDI et une centaine en CDD.
La décision du tribunal intervient après des mois de turbulences pour la marque, née en Belgique en 1975. Le véritable coup de massue est survenu en mars dernier, avec la liquidation de Casa International, la branche belge du groupe. Celle-ci était chargée de la logistique et du système informatique pour l’ensemble des filiales européennes, y compris Casa France.
La chute du pilier central a provoqué un arrêt brutal de l’organisation opérationnelle de la filiale française, la rendant rapidement incapable de fonctionner.
Lors de l’audience de mercredi, aucun repreneur n’a pu être retenu. Plusieurs marques concurrentes avaient manifesté un intérêt, mais aucune offre n’a été jugée suffisamment sérieuse ou viable. Faute de solution crédible, les juges ont acté la liquidation judiciaire avec cessation immédiate d’activité.
Un jugement définitif doit encore être rendu le 27 juin, mais la fermeture des points de vente est d’ores et déjà planifiée d’ici la fin du mois.
La liquidation de Casa s’inscrit dans une conjoncture difficile pour le secteur de la décoration et de l’ameublement. La crise de l’immobilier freine les achats de meubles et objets déco. Les Français, confrontés à l’inflation, réduisent leurs dépenses non essentielles. La concurrence est féroce, notamment face aux géants comme Ikea, aux plateformes de e-commerce et aux enseignes à bas prix.
Ces facteurs, couplés à la rupture logistique, ont empêché Casa de redresser la barre, malgré des opérations de déstockage massives et un placement sous redressement judiciaire entamé en mars.
Pour les environ 700 salariés, l’annonce est un séisme. Beaucoup d’entre eux travaillaient dans l’entreprise depuis plusieurs années, parfois décennies. Les syndicats dénoncent une gestion « déconnectée des réalités de terrain » et un manque d’anticipation de la maison-mère belge.
Une cellule de reclassement devrait être activée dans les prochains jours, mais aucune solution concrète d’emploi n’a encore été présentée. Les fonctions support basées au siège français sont également concernées par la fermeture.
Casa, bien connue pour ses objets déco abordables, ses bougies parfumées, ses petits meubles tendance et ses accessoires d’intérieur, faisait partie du paysage commercial de nombreuses villes françaises.
Avec 143 magasins répartis sur tout le territoire, l’impact sera aussi ressenti dans les centres-villes et zones commerciales, où les locaux vides s’annoncent difficiles à relouer dans un contexte déjà fragile pour le commerce de détail.
Ce nouvel effondrement s’ajoute à une série de défaillances dans le secteur, après Habitat ou Alinéa. Les professionnels s’inquiètent d’une hémorragie durable des enseignes spécialisées, face à un marché en pleine transformation.
L’avenir de la marque Casa dans d’autres pays européens reste incertain, même si certains magasins en Espagne ou en Italie poursuivent leur activité. Pour la France, le rideau tombera définitivement d’ici la fin juin.