Placée en liquidation judiciaire, la marque marseillaise Kaporal cesse immédiatement ses activités. Après un redressement infructueux, l’entreprise licencie 280 salariés et rejoint la liste des enseignes françaises de prêt-à-porter disparues.
Placée en liquidation judiciaire, la marque marseillaise Kaporal cesse immédiatement ses activités. Après un redressement infructueux, l’entreprise licencie 280 salariés et rejoint la liste des enseignes françaises de prêt-à-porter disparues.

Kaporal, symbole du denim à la française, ferme définitivement ses portes. Le tribunal de commerce de Marseille a prononcé, le 27 mars 2025, la liquidation judiciaire de l’entreprise, entraînant l’arrêt immédiat de ses activités. Fondée en 2004, la marque avait connu un succès fulgurant dans les années 2000 avant d’entrer dans une longue période de turbulences. Avec cette décision, 280 salariés se retrouvent sans emploi, et la page Kaporal se tourne brutalement dans un contexte économique particulièrement morose pour le secteur du prêt-à-porter en France.
L’histoire récente de Kaporal est celle d’une lutte acharnée pour la survie. En mars 2023, l’entreprise avait été placée en redressement judiciaire. Trois anciens cadres avaient alors tenté de relancer la marque, en reprenant la société en juillet de la même année. À cette occasion, ils avaient maintenu 78 magasins sur 85 et conservé 395 collaborateurs sur 434, espérant insuffler une nouvelle dynamique à l’enseigne. Malgré ces efforts, les ventes n’ont jamais retrouvé leur niveau d’avant-crise, et la restructuration n’a pas permis d’inverser la tendance.
Le verdict économique est sans appel. En 2022, Kaporal affichait un chiffre d’affaires de 99 millions d’euros. Un an plus tard, en 2024, ce chiffre avait chuté à 50 millions, soit une baisse de près de 50 % en deux ans. Cette dégringolade a scellé le sort de l’entreprise, incapable de retrouver un modèle économique viable. La concurrence accrue, les mutations des modes de consommation, et la montée du commerce en ligne ont contribué à fragiliser un acteur qui n’a pas su assez vite s’adapter.
La fin de Kaporal s’inscrit dans une série noire pour la mode française. Ces dernières années, d’autres enseignes emblématiques ont connu le même sort : Camaïeu, San Marina, Burton of London, pour ne citer qu’elles. Cette vague de faillites reflète la profonde crise structurelle que traverse le secteur, pris en étau entre inflation, baisse de la consommation textile et transformation des habitudes d’achat. Pour les observateurs, la disparition de Kaporal est à la fois un signal d’alarme et un symbole : celui d’un modèle de distribution à bout de souffle.
Au-delà des chiffres, Kaporal laisse derrière elle une empreinte dans l’histoire du prêt-à-porter français. Avec son style urbain, ses campagnes de pub audacieuses et son ancrage marseillais revendiqué, la marque avait su séduire une clientèle jeune et populaire. Sa disparition marque la fin d’un chapitre pour toute une génération qui a vu naître et grandir cette griffe emblématique. Le rideau tombe sur une aventure de deux décennies, avec un goût amer pour ses anciens salariés et ses fidèles clients.