La LFP va disparaître, remplacée par une société commerciale détenue par les clubs, sous l’impulsion de la FFF. Objectif : moderniser le football français en crise et s’inspirer du modèle anglais.
La LFP va disparaître, remplacée par une société commerciale détenue par les clubs, sous l’impulsion de la FFF. Objectif : moderniser le football français en crise et s’inspirer du modèle anglais.

La Ligue de Football Professionnel (LFP), qui organise depuis 1944 les championnats de Ligue 1 et de Ligue 2, va disparaître, actant une refonte majeure de la gouvernance du football professionnel français. Ce changement a été annoncé officiellement ce dimanche 12 mai 2025 par Philippe Diallo, président de la Fédération Française de Football (FFF).
À la place de l’actuelle ligue, sera mise en place une société commerciale, directement inspirée du modèle de la Premier League anglaise.
Le projet prévoit que cette nouvelle structure soit détenue en majorité par les clubs professionnels. Les entités de Ligue 1 et Ligue 2 y détiendront l’essentiel du capital, tandis que la FFF conservera un droit de regard, via une action spécifique lui accordant un droit de veto sur les décisions majeures (format des compétitions, accessions et relégations, etc.).
Le fonds d’investissement CVC Capital Partners, déjà impliqué depuis 2022 avec 13 % des parts, restera actionnaire minoritaire. Il s’agit, pour les dirigeants, d’un changement profond de paradigme, avec l’objectif de donner davantage de poids économique aux clubs dans la gestion des affaires commerciales et audiovisuelles.
La LFP, actuellement régie par la loi de 1901, cessera donc d’exister dans sa forme associative. Cette disparition entraînera également la suppression du poste de président, aujourd’hui occupé par Vincent Labrune. Ce dernier, loin d’être opposé à cette mutation, a lui-même soutenu ce projet de longue date, et a salué la décision comme une avancée inévitable face aux défis rencontrés.
Pour Labrune, ce changement « permettra d’assurer une meilleure gestion, plus souple et plus cohérente, des intérêts du football professionnel français ».
Cette décision intervient alors que le football français est en grande difficulté financière. La crise des droits TV, avec l’effondrement de Mediapro puis la renégociation difficile des droits pour 2024-2029, a laissé les clubs exsangues. Des pertes cumulées de plusieurs centaines de millions d’euros, un modèle économique fragile, et une gouvernance jugée inefficace ont poussé les instances à réagir.
En s’appuyant sur l’exemple de la Premier League, qui fonctionne comme une société de clubs, la FFF espère relancer durablement l’attractivité et la compétitivité de ses compétitions nationales.
Pour devenir réalité, ce changement de structure nécessite une évolution législative. Le gouvernement a donc inscrit un projet de loi sur la gouvernance du sport professionnel à l’agenda parlementaire. Le Sénat doit l’examiner dès le 10 juin 2025. En cas d’adoption, la nouvelle entité pourrait être pleinement opérationnelle pour la saison 2026-2027.
Ce calendrier ambitieux répond à l’urgence ressentie par les clubs et les instances, confrontés à un environnement économique instable et à une perte d’influence sur la scène européenne.
La disparition de la LFP ne sera pas un simple changement de nom ou de structure : c’est la fin d’un modèle, celui de la gestion associative d’un sport devenu un enjeu économique majeur. En confiant les rênes du football professionnel à une structure pilotée par les clubs eux-mêmes, la FFF entend donner un nouveau souffle à une industrie en crise, tout en gardant un rôle régulateur fort.
Ce virage stratégique, s’il réussit, pourrait bien transformer durablement le visage du football en France.