À l’occasion du 17 mai, Journée mondiale contre l’homophobie, la France affiche une mobilisation renforcée face à la hausse des violences anti-LGBT+. Institutions, associations et médias se mobilisent pour sensibiliser et protéger.
À l’occasion du 17 mai, Journée mondiale contre l’homophobie, la France affiche une mobilisation renforcée face à la hausse des violences anti-LGBT+. Institutions, associations et médias se mobilisent pour sensibiliser et protéger.

Le 17 mai 2025 marque une nouvelle édition de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, célébrée dans plus de 130 pays. Cette date n’a pas été choisie au hasard : elle commémore la décision historique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le 17 mai 1990, de retirer l’homosexualité de la liste des maladies mentales.
Trente-cinq ans plus tard, cette journée demeure un repère essentiel pour dénoncer les discriminations, sensibiliser l’opinion publique et encourager des politiques plus inclusives.
Selon les chiffres dévoilés par le ministère de l’Intérieur, 4 800 infractions à caractère anti-LGBT+ ont été enregistrées en 2024, soit une hausse de 5 % par rapport à l’année précédente. 3 100 de ces infractions sont qualifiées de crimes ou délits (+7 %), tandis que 1 800 relèvent de contraventions (+1 %). Ces violences prennent des formes variées : injures, agressions physiques, menaces, mais aussi cyberharcèlement, qui représente près de 9 % des cas.
Les victimes sont majoritairement des hommes (plus de 70 %) et près de la moitié ont moins de 30 ans. Les auteurs, quant à eux, sont également essentiellement jeunes et masculins. Ces données dressent un portrait préoccupant d’une violence persistante et souvent ancrée dans la jeunesse.
Face à ces constats alarmants, le ministère de l’Éducation nationale poursuit son engagement avec sa campagne « Ici on peut être soi », déployée dans les établissements scolaires à l’occasion du 17 mai. Deux nouveaux guides pratiques à destination des personnels éducatifs ont été publiés cette semaine. Ils visent à repérer les situations à risques, à prévenir les comportements discriminatoires et à mieux accompagner les jeunes en situation de mal-être lié à leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.
Le ministre de l’Éducation, Nicole Belloubet, a souligné dans une allocution que « l’école doit être un lieu sûr pour tous les élèves, sans exception ». Une cellule d’écoute spécifique, accessible au 0 805 500 005, est également mobilisée 24h/24 pour les personnels éducatifs et les élèves victimes ou témoins de violences LGBTphobes.
De son côté, le ministère des Armées a renouvelé ses engagements en matière de lutte contre les discriminations. Il a notamment mis à disposition un guide dédié au changement de genre pour ses agents, accompagné d’actions de sensibilisation renforcées via la cellule Thémis. Le ministère a déclaré vouloir faire de ses structures « un environnement de travail respectueux et ouvert à toutes les identités ».
Cet effort institutionnel souligne l’importance de la lutte contre l’homophobie dans tous les milieux professionnels, y compris les plus hiérarchisés et traditionnellement conservateurs comme les forces armées.
À l’échelle internationale, la mobilisation s’amplifie autour de la Fondation Émergence, à l’origine de cette journée en 2003. En 2025, le thème mis en avant est celui de la régression des droits LGBTQ+ dans plusieurs pays, un phénomène observé notamment dans certaines régions d’Europe de l’Est, d’Afrique et d’Asie. L’ONG appelle à la vigilance et à l’action collective, dans un contexte où certains droits acquis sont aujourd’hui menacés.
En Belgique, l’organisation Unia plaide pour un plan d’action interfédéral renforcé, mettant l’accent sur la prévention, la protection des victimes et la sanction des auteurs. Des marches, des conférences et des campagnes de sensibilisation sont organisées dans de nombreuses villes, notamment à Bruxelles, Montréal, Genève ou encore Barcelone.
Les médias jouent aussi un rôle majeur dans cette journée. France Culture consacre son émission spéciale des « Matins du samedi » à ce thème, en accueillant l’historienne Laure Murat et le sociologue Antoine Idier. Ensemble, ils reviennent sur l’évolution du regard porté sur les personnes LGBTQ+, mais aussi sur les défis contemporains : montée des extrémismes, instrumentalisation politique de la question LGBT, harcèlement en ligne.
Cette exposition médiatique permet de diffuser des messages de tolérance, de briser les tabous et d’encourager les témoignages. Elle rappelle aussi que le combat contre l’homophobie est culturel autant que politique.
À Marseille, Paris, Lyon, Toulouse, Strasbourg et dans de nombreuses autres villes, des associations organisent des événements : tables rondes, marches silencieuses, expositions, projections. Certaines mairies ont hissé le drapeau arc-en-ciel sur leur façade, symbole de soutien et de visibilité.
À Marseille, même si aucun programme précis n’était officiellement annoncé à la mi-journée, plusieurs collectifs locaux appellent à se rassembler en fin d’après-midi sur le Vieux-Port pour un moment de recueillement et de partage. Le mot d’ordre : « Vivre libre et visible ».
Plusieurs associations renforcent leur présence à l’occasion du 17 mai. Parmi elles :
Leur objectif commun : soutenir les victimes, rompre l’isolement et signaler les faits de violences afin d’améliorer la prise en charge judiciaire.
Le 17 mai n’est pas seulement une date symbolique : c’est une journée d’alerte, de sensibilisation et de mobilisation face à des discriminations qui persistent dans tous les milieux. En France comme ailleurs, les violences LGBTphobes sont loin d’avoir disparu, et les chiffres 2024 le confirment.
Pourtant, cette journée montre aussi l’engagement de plus en plus d’acteurs – institutions, associations, citoyens – à faire front commun contre la haine.