Des centaines de milliers d’Américains ont manifesté samedi dans tous les États-Unis contre les politiques de Donald Trump et l’influence d’Elon Musk, dénonçant des coupes sociales, une dérive autoritaire et la privatisation des données publiques.
Des centaines de milliers d’Américains ont manifesté samedi dans tous les États-Unis contre les politiques de Donald Trump et l’influence d’Elon Musk, dénonçant des coupes sociales, une dérive autoritaire et la privatisation des données publiques.

Samedi 5 avril, les rues américaines ont été le théâtre d’une mobilisation d’une ampleur rare. Des centaines de milliers de citoyens ont manifesté dans les 50 États à l’appel du mouvement « Hands Off! », une coalition de groupes progressistes comme Indivisible et MoveOn. De New York à Los Angeles, en passant par des bastions conservateurs comme le Texas ou l’Idaho, la contestation contre la politique du président Donald Trump a pris une dimension nationale, marquée par une unité de ton : le refus de ce que beaucoup perçoivent comme une dérive autoritaire de l’administration.
L’une des figures les plus visées par les manifestants n’était autre que Elon Musk, récemment nommé à la tête du Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE). Sa présence au sein de l’administration Trump alimente la polémique depuis plusieurs semaines. Accusé de privatiser la gestion des données publiques, de faciliter des licenciements massifs dans la fonction publique et de promouvoir une vision technocratique du gouvernement, Musk cristallise la défiance d’une partie croissante de la population.
Les pancartes brandies dans les cortèges parlaient d’elles-mêmes : « Stop à la gouvernance par les milliardaires », « Bas les pattes de nos données » ou encore « Musk n’est pas un ministre ». Les critiques contre l’ingérence d’intérêts privés dans les affaires publiques n’ont cessé de s’intensifier ces dernières semaines, notamment après les révélations sur les accès étendus de Musk à des bases de données fédérales.
Outre les questions institutionnelles, c’est aussi la remise en cause de nombreux acquis sociaux qui a alimenté la colère populaire. Les manifestants ont dénoncé les coupes budgétaires dans des programmes sociaux, les suppressions d’emplois dans la fonction publique, la réduction des protections pour les personnes transgenres et l’intensification des expulsions de migrants. Pour beaucoup, la présidence Trump version 2025 représente une offensive frontale contre les droits civiques et la justice sociale.
Fait notable, la mobilisation a débordé les frontières américaines. À Paris, Berlin ou Lisbonne, des cortèges solidaires ont réuni plusieurs milliers de personnes. En Europe, les slogans faisaient écho aux revendications américaines : « Rendez-nous la démocratie », « Trump, Musk, out ! », « Nos données ne sont pas à vendre ». Une dimension transatlantique qui souligne l’écho mondial des politiques menées à Washington, et la crainte d’un modèle d’État technocratique autoritaire.
Face à cette mobilisation, la Maison-Blanche n’a pas encore réagi officiellement, mais des voix s’élèvent déjà dans les rangs démocrates pour demander des enquêtes parlementaires sur l’influence d’Elon Musk et réclamer la suspension de certaines mesures budgétaires. Les manifestants, eux, promettent de ne pas relâcher la pression.
« Ce n’est que le début », martelait samedi une organisatrice à Chicago. À en juger par la ferveur dans les rues, le climat politique aux États-Unis pourrait bien s’enflammer à nouveau dans les mois à venir.