La France répond à l’expulsion de diplomates français par l’Algérie en renvoyant douze agents algériens et en rappelant son ambassadeur. Cette crise est déclenchée par l’affaire Amir DZ et compliquée par les divergences sur le Sahara occidental.
La France répond à l’expulsion de diplomates français par l’Algérie en renvoyant douze agents algériens et en rappelant son ambassadeur. Cette crise est déclenchée par l’affaire Amir DZ et compliquée par les divergences sur le Sahara occidental.

La crise diplomatique entre la France et l’Algérie connaît une escalade sans précédent après que Paris a décidé ce mardi 15 avril 2025 d’expulser douze agents diplomatiques algériens en poste sur son territoire. Cette mesure intervient seulement deux jours après que l’Algérie ait elle-même expulsé douze fonctionnaires français, en réaction à l’arrestation à Créteil d’un agent consulaire algérien accusé d’implication dans une affaire d’enlèvement visant Amir Boukhors, un opposant algérien connu sous le pseudonyme d’Amir DZ.
La France a également annoncé le rappel immédiat de son ambassadeur à Alger, Stéphane Romatet, afin de procéder à des consultations urgentes. Ces décisions témoignent de la gravité de la crise actuelle entre les deux pays, pourtant historiquement liés par des relations complexes, oscillant régulièrement entre coopération et tensions diplomatiques.
L’Élysée a qualifié l’expulsion des diplomates français par l’Algérie de «dégradation brutale» des relations bilatérales et a précisé que la réponse française serait rigoureusement symétrique. Ce choix de réciprocité diplomatique reflète la détermination de Paris à défendre fermement ses intérêts et sa sécurité nationale, dans un contexte déjà sensible marqué par des divergences récurrentes sur divers dossiers géopolitiques, notamment la question délicate du Sahara occidental.
Le président Emmanuel Macron, qui a tenté ces derniers mois de rétablir un climat de confiance avec Alger, voit aujourd’hui sa stratégie diplomatique mise à rude épreuve. En réponse, le gouvernement français insiste sur la nécessité d’un retour rapide au dialogue, tout en assumant pleinement la fermeté de sa décision.
La tension actuelle trouve son origine directe dans l’affaire Amir DZ, un activiste algérien très critique du régime d’Alger et particulièrement suivi sur les réseaux sociaux. L’arrestation récente d’un employé du consulat algérien à Créteil, accusé d’avoir tenté d’organiser l’enlèvement de cet opposant vivant en France, a provoqué la colère d’Alger, qui dénonce une manipulation politique. Les autorités françaises, de leur côté, affirment que l’affaire est purement judiciaire et indépendante de toute interférence politique.
Ce différend judiciaire s’est ainsi rapidement transformé en crise diplomatique majeure, mettant en évidence les fragilités et les tensions sous-jacentes entre les deux pays, particulièrement sensibles aux questions d’ingérence présumée et de souveraineté.
Les relations entre la France et l’Algérie étaient déjà fragilisées depuis plusieurs mois par le soutien affirmé de Paris au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Alger, historiquement allié du Front Polisario, perçoit ce positionnement français comme une atteinte directe à ses intérêts régionaux.
Cette divergence stratégique a régulièrement alimenté les désaccords entre les deux pays ces dernières années, et la crise actuelle vient renforcer cette méfiance réciproque. La récente visite à Alger du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le 6 avril dernier, avait pourtant laissé espérer un possible apaisement des tensions, mais les événements récents ont rapidement remis en question cette dynamique de rapprochement.
Face à la gravité de la situation, Emmanuel Macron a appelé les autorités algériennes à faire preuve de responsabilité et à œuvrer pour restaurer rapidement un climat propice au dialogue et à la coopération bilatérale. Le président français souligne régulièrement l’importance stratégique des liens franco-algériens, notamment en matière de sécurité, de coopération migratoire et de lutte contre le terrorisme.
Malgré la crise, Paris insiste sur la nécessité de maintenir ouverts les canaux de communication afin d’éviter une détérioration encore plus importante des relations bilatérales. La communauté internationale suit de près cette escalade, attentive aux éventuelles répercussions régionales d’une crise prolongée entre ces deux acteurs clés de la Méditerranée.