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Jean Tiberi est mort : retour sur un demi-siècle de vie politique parisienne

Jean Tiberi, ancien maire de Paris de 1995 à 2001, est mort à 90 ans. Figure politique marquante mais controversée, il fut aussi député, maire du 5e arrondissement, et impliqué dans l’affaire des faux électeurs.

jean tiberi

Jean Tiberi est décédé ce mardi 27 mai 2025 à l’âge de 90 ans, a annoncé la maire du 5e arrondissement de Paris, Florence Berthout. Il avait été à la tête de cet arrondissement pendant 25 ans, entre 1983 et 2008, devenant une figure incontournable de la vie locale parisienne. Homme de terrain, il était souvent décrit comme proche des habitants, très attaché à la vie de quartier et au patrimoine du centre historique de Paris.

Sa longévité politique dans le 5e, entre la montagne Sainte-Geneviève, le Panthéon et les Arènes de Lutèce, en a fait l’un des personnages les plus enracinés de la capitale.

À la mairie de Paris, successeur de Chirac

Mais c’est bien sûr à la tête de la mairie de Paris, entre 1995 et 2001, que Jean Tiberi a marqué l’histoire politique française. Proche de Jacques Chirac, dont il fut longtemps l’allié fidèle, il devient maire après le départ de celui-ci pour la présidence de la République. Il est alors le dernier maire de droite de Paris à ce jour.

Son mandat est marqué par une volonté d’assurer la continuité des politiques de son prédécesseur, mais aussi par une perte progressive de contrôle au sein de la majorité municipale. Son autorité contestée et les tensions internes au RPR l’isoleront peu à peu.

Une carrière parlementaire de plus de deux décennies

Avant d’accéder aux sommets de la vie municipale parisienne, Jean Tiberi fut député de Paris pendant 23 ans, entre 1968 et 1997, avec une interruption en 1976, lorsqu’il est brièvement nommé secrétaire d’État aux industries alimentaires dans le gouvernement de Raymond Barre. Il s’illustre à l’Assemblée nationale comme un élu engagé sur les questions juridiques, de défense du patrimoine, mais aussi en tant que membre actif de la droite gaulliste.

Fidèle à la ligne du RPR, il reste toute sa vie un homme de parti, même si ses relations avec Jacques Chirac finiront par se distendre.

L’affaire des faux électeurs et les affaires judiciaires

La carrière politique de Jean Tiberi ne fut pas exempte de scandales. À partir des années 1990, il est éclaboussé par l’affaire des faux électeurs du 5e arrondissement, révélée par une enquête du Canard Enchaîné. Après une longue procédure judiciaire, il est finalement condamné en 2013 à dix mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour avoir participé à une vaste fraude électorale destinée à assurer sa réélection.

Son épouse, Xavière Tiberi, est également impliquée dans plusieurs polémiques, notamment sur des rapports publics controversés. Ces affaires terniront durablement son image.

Une personnalité politique clivante

Jean Tiberi laisse derrière lui un bilan ambivalent. Pour ses soutiens, il fut un bâtisseur acharné, défenseur du patrimoine, de la culture, et d’une certaine idée de la gestion de proximité. Pour ses détracteurs, il incarne les dérives d’un système parisien de notables, entaché par les pratiques clientélistes et les affaires judiciaires.

Il n’en demeure pas moins que son nom reste associé à une époque marquante de la politique parisienne, celle de la droite chiraquienne, du gaullisme municipal, et des barons locaux puissants. Son parcours illustre les grandeurs et les dérives d’une génération politique en voie d’extinction.

Un hommage officiel et populaire

En hommage à l’ancien maire, la maire actuelle de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé que les drapeaux seront mis en berne sur les bâtiments municipaux. Des registres de condoléances seront ouverts à l’Hôtel de Ville afin que les Parisiens puissent rendre hommage à celui qui dirigea la capitale pendant six années.

Plusieurs élus de tous bords, y compris ceux avec qui il avait été en conflit, ont salué la mémoire d’un « homme engagé », « passionnément parisien » et « profondément attaché à la vie publique ». Ses obsèques devraient se dérouler dans les prochains jours, dans l’intimité familiale, selon ses proches.

Une disparition qui referme un chapitre de la vie politique française

Avec la disparition de Jean Tiberi, c’est une page de l’histoire politique parisienne qui se tourne. Né en 1935 à Paris, il a traversé plus d’un demi-siècle de vie politique, témoin des évolutions de la droite française, de la centralisation parisienne à la décentralisation municipale. Dernier maire de droite de Paris, homme de convictions, parfois contesté mais toujours présent, il fut l’un des visages les plus reconnaissables de la capitale.

Sa mort à 90 ans suscite une émotion sincère chez ses anciens administrés et rappelle combien le destin d’un quartier peut être lié à celui de son élu.

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