À Paris, trois hommes cagoulés ont tenté d’enlever la fille et la petite-fille d’un dirigeant du secteur crypto. Grâce à l’intervention du père et de passants, l’enlèvement a échoué. L’enquête est en cours.
À Paris, trois hommes cagoulés ont tenté d’enlever la fille et la petite-fille d’un dirigeant du secteur crypto. Grâce à l’intervention du père et de passants, l’enlèvement a échoué. L’enquête est en cours.

Lundi 13 mai 2025, une tentative d’enlèvement particulièrement violente a été perpétrée en plein cœur du 11e arrondissement de Paris. Trois hommes cagoulés ont tenté de kidnapper la fille d’un chef d’entreprise actif dans le secteur des cryptomonnaies et son enfant âgé de seulement deux ans. Les faits se sont produits aux alentours de 10 heures du matin, rue des Trois Bornes, à proximité d’un square.
Les agresseurs, lourdement vêtus de noir, sont sortis d’une camionnette siglée Chronopost, visiblement utilisée pour dissimuler leurs véritables intentions. Ils ont violemment tenté de faire monter de force la femme et l’enfant dans le véhicule. C’est alors que le père de l’enfant, compagnon de la victime et fils de l’entrepreneur ciblé, s’est interposé avec courage.
Malgré la brutalité de l’agression, l’intervention rapide du père et de plusieurs passants a mis en échec les ravisseurs. Le père, blessé au bras lors de l’altercation, a réussi à perturber les agresseurs suffisamment longtemps pour qu’ils prennent la fuite. Aucune des deux victimes n’a été enlevée, bien que fortement choquées.
La camionnette a été retrouvée abandonnée quelques rues plus loin, ce qui confirme l’hypothèse d’une opération préparée à l’avance. Le véhicule est actuellement analysé par la police scientifique. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris, qui a confié les investigations à la brigade de répression du banditisme (BRB).
Cette tentative d’enlèvement n’est pas un cas isolé. Depuis deux ans, au moins cinq affaires similaires ont été signalées sur le territoire français, toutes impliquant des personnes liées de près ou de loin à l’univers des cryptomonnaies. En janvier 2025, David Balland, cofondateur de la société Ledger, et sa compagne avaient été enlevés à leur domicile de Méreau, dans le Cher, avant d’être relâchés.
Plus récemment encore, le père d’un entrepreneur crypto parisien avait été kidnappé, ses ravisseurs réclamant une rançon payée en actifs numériques. Ces crimes exploitent les spécificités des cryptomonnaies : transactions décentralisées, pseudonymat, difficulté à retracer les mouvements de fonds, autant d’éléments qui facilitent les opérations criminelles.
Ce nouvel incident relance les inquiétudes croissantes au sein de la communauté crypto. Plusieurs professionnels du secteur réclament depuis des mois une meilleure protection des personnes exposées et une prise de conscience plus large du risque physique auquel ils peuvent être confrontés. Les crypto-actifs, souvent perçus comme des vecteurs de richesse rapide, attirent non seulement les investisseurs… mais aussi les criminels.
Les forces de l’ordre françaises prennent cette menace au sérieux. Depuis 2023, un groupe de travail spécialisé sur les crimes liés aux cryptomonnaies a été mis en place au sein de la police judiciaire. Le ministère de l’Intérieur envisage désormais de renforcer les dispositifs de surveillance autour des figures les plus exposées du secteur.
L’enquête en cours devra déterminer l’identité des trois agresseurs, les motivations précises de leur tentative, ainsi que l’éventuelle implication d’un réseau plus large. S’il est établi que le mobile était bien lié à la fortune crypto de la famille ciblée, cette affaire pourrait marquer un tournant dans la façon dont la justice et les autorités abordent la sécurité des entrepreneurs numériques.
Pour l’heure, les proches de la famille restent sous protection. Quant à la fillette et sa mère, elles sont saines et sauves, mais profondément marquées par cette attaque. Ce drame évité de justesse vient rappeler que dans le monde réel, la richesse numérique n’est jamais totalement virtuelle.