Ras Baraka, maire de Newark, a été arrêté devant un centre de détention fédéral après avoir protesté contre sa gestion par une société privée. Libéré peu après, il dénonce une manœuvre politique et réaffirme son engagement.
Ras Baraka, maire de Newark, a été arrêté devant un centre de détention fédéral après avoir protesté contre sa gestion par une société privée. Libéré peu après, il dénonce une manœuvre politique et réaffirme son engagement.

Ras Baraka, maire de Newark depuis 2014 et figure montante du Parti démocrate, a été placé en garde à vue le vendredi 9 mai 2025 devant le centre de détention de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) à Delaney Hall, dans sa propre ville. L’élu manifestait contre l’ouverture d’un centre de détention privé géré par la société GEO Group, une entreprise controversée spécialisée dans la gestion de prisons pour le compte de l’État fédéral. Baraka a été interpellé par des agents fédéraux après avoir refusé de quitter les lieux malgré des injonctions.
Baraka, candidat déclaré au poste de gouverneur du New Jersey, a revendiqué son action comme un acte de protestation politique contre ce qu’il qualifie de « système d’incarcération raciste et inhumain ». Il accompagnait trois membres du Congrès, Robert Menendez Jr., LaMonica McIver et Bonnie Watson Coleman, lors d’une visite surprise du site. Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, l’édile se tenait du côté public de la clôture du centre au moment de son arrestation, soulevant des interrogations sur la légalité de l’intervention fédérale. Il a été brièvement détenu pour intrusion sur propriété fédérale avant d’être relâché quelques heures plus tard.
Depuis plusieurs mois, Ras Baraka s’oppose fermement à la présence de GEO Group à Newark, accusant la société de violer des règlements municipaux relatifs aux permis de construire et à la sécurité incendie. Il dénonce également les conditions de détention jugées indignes dans les centres gérés par l’entreprise, ainsi que le manque de transparence sur le traitement des personnes migrantes.
En mars dernier déjà, il avait tenté d’interdire, via un arrêté municipal, toute collaboration entre la ville de Newark et les opérateurs privés de centres de détention, sans succès face aux compétences fédérales supérieures.
L’arrestation du maire a rapidement suscité de nombreuses réactions politiques, notamment de la part du gouverneur Phil Murphy, des sénateurs Cory Booker et Andy Kim, et d’élus locaux qui ont dénoncé une « instrumentalisation politique des forces fédérales ». Plusieurs figures du Parti démocrate y voient une tentative d’intimidation à l’approche des élections régionales, où Baraka fait figure de favori chez les progressistes. Pour ces derniers, l’événement souligne la nécessité d’une réforme en profondeur des politiques migratoires et carcérales aux États-Unis.
Ras Baraka a été présenté virtuellement devant un juge et libéré sous caution. Une audience préliminaire est prévue le 15 mai prochain. L’issue judiciaire de l’affaire reste incertaine, mais ses répercussions politiques sont d’ores et déjà considérables. En prenant publiquement position contre un centre de détention jugé abusif et en acceptant d’en assumer les conséquences judiciaires, le maire de Newark se positionne comme une figure combative du courant progressiste, prête à défier les autorités fédérales en place, notamment dans le contexte d’un durcissement de la politique migratoire sous l’administration Trump.
Baraka a d’ores et déjà déclaré qu’il poursuivrait ses actions contre ce qu’il appelle la « criminalisation de la migration » et la privatisation de la détention. Pour lui, cette garde à vue ne fait que renforcer sa détermination à obtenir plus de justice pour les communautés vulnérables de son État.