Des milliers de Grecs ont défilé lors d’une grève nationale pour protester contre la flambée des prix et la faiblesse des salaires. Un mouvement social massif qui met en lumière une crise sociale persistante.
Des milliers de Grecs ont défilé lors d’une grève nationale pour protester contre la flambée des prix et la faiblesse des salaires. Un mouvement social massif qui met en lumière une crise sociale persistante.

La Grèce a connu une nouvelle journée de paralysie ce mercredi 9 avril, marquée par une grève générale de 24 heures lancée par les principales confédérations syndicales, ADEDY (secteur public) et GSEE (secteur privé). Des dizaines de milliers de manifestants ont battu le pavé à Athènes, Thessalonique et dans d’autres grandes villes du pays pour dénoncer la cherté de la vie et réclamer des hausses de salaires significatives. Selon la police, plus de 15 000 personnes ont participé aux cortèges, un chiffre qui témoigne d’un mécontentement social profond.
Au cœur des slogans, une exigence : le droit à un revenu digne dans un contexte de flambée des prix. Malgré une croissance économique modeste de 2,2 % en 2024, les salaires grecs restent parmi les plus bas de l’Union européenne, alors que les prix de l’énergie, de l’alimentation et du logement continuent d’augmenter. Les syndicats dénoncent une situation intenable : « Le salaire minimum ne suffit même plus à couvrir les besoins de base », affirmait un manifestant dans les rues d’Athènes.
Les grévistes critiquent également la récente hausse du salaire minimum, annoncée par le gouvernement, jugée trop faible pour compenser les effets de l’inflation. Pour de nombreux travailleurs, cette mesure apparaît davantage comme un geste symbolique que comme une véritable réponse à l’érosion du pouvoir d’achat.
Les conséquences de la grève ont été visibles dans tout le pays. Les transports aériens, ferroviaires et maritimes ont été fortement perturbés, provoquant l’annulation de nombreux vols et l’arrêt de la plupart des liaisons avec les îles grecques. À terre, les métros, bus et tramways sont restés à l’arrêt dans plusieurs grandes agglomérations.
Les écoles, tribunaux, banques et services publics ont également fermé leurs portes, démontrant l’ampleur de la mobilisation interprofessionnelle. Cette grève a mis en lumière l’unité syndicale et la capacité de coordination entre secteurs, un fait relativement rare dans un pays souvent marqué par une fragmentation du mouvement social.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de frustration sociale accumulée depuis la crise économique de 2008, dont la Grèce peine à se remettre totalement. Malgré les plans de redressement et les réformes imposées par ses créanciers, la population subit toujours les séquelles d’une austérité prolongée, avec des salaires stagnants et un système de protection sociale affaibli.
La grève du 9 avril fait écho à celle du 28 février dernier, qui avait déjà rassemblé des milliers de personnes dans les rues. Les manifestants réclament non seulement des hausses de salaires, mais aussi la généralisation des conventions collectives et des mesures concrètes pour réguler les prix des produits de première nécessité.
Face à la contestation, le gouvernement grec reste pour l’instant sur la défensive. Si des responsables ont reconnu « l’importance des préoccupations sociales », aucune annonce forte n’a été faite pour répondre aux revendications portées par les syndicats. Cette absence de réaction alimente la défiance d’une population qui estime que ses difficultés sont ignorées, voire minimisées.
À l’approche de l’été, une période stratégique pour l’économie grecque portée par le tourisme, le climat social pourrait peser lourd. Les syndicats ont déjà laissé entendre que de nouvelles actions pourraient être envisagées, si aucune avancée concrète n’était observée.