La Russie a dévoilé à Kiev un mémorandum posant ses conditions pour un cessez-le-feu en Ukraine. Ces exigences, jugées inacceptables par l’Ukraine, reflètent une volonté de Moscou d’imposer un rapport de force favorable.
La Russie a dévoilé à Kiev un mémorandum posant ses conditions pour un cessez-le-feu en Ukraine. Ces exigences, jugées inacceptables par l’Ukraine, reflètent une volonté de Moscou d’imposer un rapport de force favorable.

Dans un mémorandum transmis à Kiev le 2 juin 2025 et rendu public par les agences russes, la Russie a énoncé une série de conditions censées ouvrir la voie à un cessez-le-feu et à une résolution globale du conflit en Ukraine. Le document, débattu lors d’une session diplomatique à Istanbul sous médiation turque, a immédiatement été rejeté par les autorités ukrainiennes.
Moscou a listé plusieurs conditions considérées comme inflexibles :
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a immédiatement rejeté ces conditions, dénonçant une tentative du Kremlin de « geler le front » pour mieux se réorganiser. Selon lui, aucune paix durable ne peut être envisagée sans retrait total des troupes russes, y compris de Crimée. Il a qualifié le mémorandum d’ultimatum dissimulé sous couvert diplomatique, affirmant que la souveraineté ukrainienne n’était pas négociable.
Zelensky a en outre appelé les États-Unis et l’Union européenne à renforcer les sanctions contre Moscou, estimant que seule une pression accrue pourrait faire évoluer la position russe.
Malgré la rupture sur le fond politique, quelques mesures ont été convenues lors des pourparlers :
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé d’organiser un sommet tripartite à Istanbul ou Ankara, réunissant Poutine, Zelensky et Donald Trump, ce dernier étant redevenu président des États-Unis. L’objectif affiché serait de rouvrir un canal de dialogue au plus haut niveau.
Pour l’heure, aucune réponse officielle n’a été donnée par les parties à cette proposition. Toutefois, une nouvelle rencontre technique entre représentants ukrainiens et russes pourrait se tenir entre le 20 et le 30 juin, selon le ministre ukrainien de la Défense, Roustem Oumerov.
Si ce mémorandum constitue une rare tentative russe de formuler un plan écrit, les divergences entre les deux camps restent profondes et structurelles. Pour Moscou, les gains territoriaux doivent être consolidés. Pour Kiev, toute concession territoriale est une défaite nationale.
À mesure que la guerre entre dans sa troisième année, la voie diplomatique semble plus étroite que jamais. Les efforts des médiateurs internationaux, dont la Turquie et la Chine, pourraient être cruciaux dans les semaines à venir. Mais sans changement d’approche de part et d’autre, le cessez-le-feu tant espéré pourrait rester hors de portée.