La Russie a annoncé un cessez-le-feu unilatéral de 30 heures pour Pâques orthodoxe. Kiev, tout en acceptant la trêve, dénonce des violations immédiates. Un nouveau chapitre symbolique dans un conflit toujours enlisé.
La Russie a annoncé un cessez-le-feu unilatéral de 30 heures pour Pâques orthodoxe. Kiev, tout en acceptant la trêve, dénonce des violations immédiates. Un nouveau chapitre symbolique dans un conflit toujours enlisé.

Le samedi 19 avril 2025, le président russe Vladimir Poutine a annoncé un cessez-le-feu unilatéral de 30 heures à l’occasion de la fête de Pâques orthodoxe. Cette trêve temporaire, débutant à 18 heures (heure de Moscou) le samedi pour s’achever le dimanche à minuit, a été justifiée par le Kremlin pour des « raisons humanitaires ». Le message officiel appelle également l’Ukraine à faire de même, dans un geste censé favoriser la prière et les célébrations religieuses.
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que Kiev respecterait la trêve, tout en exprimant des réserves sur les intentions russes. « Nous ne sommes pas dupes », a-t-il prévenu, tout en appelant à une extension de la trêve au-delà de Pâques si elle s’avérait sincère.
Selon les autorités ukrainiennes, il ne s’agit pas de la première fois que la Russie annonce une trêve pour ensuite la violer sur le terrain.
Quelques heures à peine après le début du cessez-le-feu, l’Ukraine a accusé la Russie de violations flagrantes. Des bombardements auraient été constatés dans les régions de Kherson et Donetsk, selon les déclarations de l’état-major ukrainien relayées par plusieurs médias internationaux, dont France 24 et Le Figaro.
« Une fois de plus, la Russie utilise la religion comme un outil de propagande tout en continuant ses offensives », a dénoncé un porte-parole militaire ukrainien.
Cette trêve intervient dans un contexte diplomatique de plus en plus tendu. En mars dernier, lors de pourparlers organisés en Arabie saoudite, l’Ukraine avait accepté une proposition américaine de cessez-le-feu de 30 jours, que la Russie avait rejetée.
Depuis, les États-Unis, frustrés par l’absence de progrès, menacent de se désengager des négociations si aucune avancée n’est enregistrée. La trêve pascale semble donc davantage un épisode isolé qu’un véritable signal d’apaisement.
Pour de nombreux analystes, le cessez-le-feu décrété par la Russie serait davantage un coup diplomatique qu’une volonté sincère de paix. Selon The Times, il s’agirait de « rassurer une partie de l’opinion publique internationale et des partenaires potentiels », notamment en Afrique et en Asie, tout en poursuivant des objectifs militaires sur le terrain.
Les précédentes trêves décrétées par Moscou se sont soldées par des violations documentées, contribuant à renforcer la méfiance des alliés occidentaux vis-à-vis du Kremlin.
Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa troisième année, cette trêve de Pâques illustre une fois de plus l’impasse diplomatique actuelle. Kiev réclame des garanties concrètes avant toute négociation, tandis que Moscou maintient ses exigences territoriales. Le geste symbolique du Kremlin, bien qu’en apparence pacifique, ne semble pas suffire à rétablir un climat de confiance.
La guerre continue, et la paix reste, pour l’heure, hors de portée.