Paris, 21 février 2025 — L’année 2024 restera comme un cru exceptionnel pour Électricité de France (EDF). L’entreprise publique française a dévoilé jeudi des résultats financiers records, avec un bénéfice net de 11,4 milliards d’euros, une performance historique dans un contexte en mutation. Un chiffre en nette hausse par rapport à 2023, porté par une amélioration de la production nucléaire et une stabilisation de ses charges financières.
Un retour en force après des années difficiles
Ce résultat spectaculaire intervient après plusieurs années marquées par des difficultés de production et un endettement massif. En 2023, EDF avait déjà enregistré un redressement notable, avec un bénéfice net de 10 milliards d’euros, après une année 2022 catastrophique marquée par des déficits dus à des problèmes de corrosion sur son parc nucléaire et à des mesures imposées par l’Etat pour contenir les prix de l’électricité.
La relance de la production nucléaire a joué un rôle majeur dans cette dynamique. En 2024, EDF a réussi à rétablir une production plus stable et à augmenter la disponibilité de son parc, contribuant à une hausse des recettes. L’amélioration des performances des centrales hydrauliques, notamment grâce à des conditions climatiques plus favorables, a également renforcé la position financière de l’entreprise.
Une baisse de l’EBITDA sous l’effet des prix de l’électricité
Malgré cette progression du bénéfice net, l’entreprise a vu son résultat opérationnel brut (EBITDA) reculer de 39,9 milliards d’euros en 2023 à 36,5 milliards d’euros en 2024. Cette diminution s’explique principalement par la baisse des prix de l’électricité sur les marchés de gros, qui a limité l’impact de la hausse de production.
Cependant, EDF a pu compenser cet effet grâce à la diminution des charges exceptionnelles liées à ses investissements. En particulier, le projet de construction de la centrale d’Hinkley Point C au Royaume-Uni a entraîné moins de dépréciations d’actifs que l’année précédente, allégeant ainsi les comptes de l’entreprise.
Une dette stabilisée et des ambitions pour l’avenir
La dette nette d’EDF, un sujet de préoccupation majeur ces dernières années, est restée stable à 54,3 milliards d’euros. Cette stabilisation est en partie le résultat d’une gestion plus rigoureuse et d’une augmentation des recettes liées à l’amélioration de la production.
EDF a également profité de cette annonce pour confirmer son ambition de construire six nouveaux réacteurs nucléaires en France. Une décision finale d’investissement est attendue au second semestre 2026, sous réserve de la finalisation des plans et du financement nécessaire. Ce programme s’inscrit dans la volonté du gouvernement français de renforcer l’indépendance énergétique du pays et de décarboner le mix énergétique national.
Un tournant stratégique pour EDF
Ce succès financier marque un tournant pour EDF, qui sort progressivement d’une période de turbulences. L’entreprise doit toutefois rester prudente face aux incertitudes du marché de l’énergie et aux défis liés à la modernisation de son parc nucléaire. La relance des investissements dans le nouveau nucléaire sera scrutée de près, tant par les autorités que par les investisseurs.
L’année 2024 confirme donc le retour en force d’EDF, qui, grâce à une gestion rigoureuse et une production mieux maîtrisée, parvient à renouer avec des bénéfices solides. L’avenir s’annonce stratégique pour l’entreprise, qui devra concilier transition énergétique et maîtrise des coûts dans un secteur en constante évolution.

