Marine Tondelier a été réélue à la tête des Écologistes avec 73 % des voix. Une victoire confortable malgré un parti divisé, alors qu’elle entend peser dans l’union de la gauche pour 2026.
Marine Tondelier a été réélue à la tête des Écologistes avec 73 % des voix. Une victoire confortable malgré un parti divisé, alors qu’elle entend peser dans l’union de la gauche pour 2026.

Marine Tondelier a été réélue secrétaire nationale du parti Les Écologistes (ex-Europe Écologie Les Verts) le samedi 19 avril 2025, dès le premier tour, avec 73 % des voix exprimées. Elle s’impose ainsi largement devant ses trois concurrents : Karima Delli (13 %), Florentin Letissier (8 %) et Harmonie Lecerf-Meunier (6 %). Ce résultat confirme sa domination interne et son implantation durable à la tête du parti, deux ans après une première élection en décembre 2022. Tondelier devient ainsi la première à enchaîner deux mandats consécutifs depuis Cécile Duflot à la fin des années 2000.
Si cette réélection s’est jouée sans véritable suspense, elle intervient dans un contexte de crispation au sein du parti. Plusieurs voix internes ont critiqué le fonctionnement trop verrouillé de l’appareil dirigé par Tondelier. Des accusations de manque de transparence dans la gestion des instances, de centralisation du pouvoir et de déséquilibre entre les courants idéologiques agitent le parti depuis des mois.
L’échec cuisant des Écologistes aux élections européennes de 2024 — à peine 5,5 % des voix — a exacerbé les tensions, remettant en cause la stratégie politique défendue par la secrétaire nationale sortante.
Si Tondelier conserve le poste de secrétaire nationale, sa majorité au Conseil fédéral est plus fragile. Sa liste n’a obtenu que 54 % des sièges lors du scrutin interne précédant le congrès. Elle devra donc composer avec une opposition présente et organisée pour faire passer ses orientations. Cela implique la nécessité de construire des compromis internes, notamment avec les élus issus des autres listes, pour éviter de nouvelles fractures dans un parti historiquement habitué aux désaccords internes.
La secrétaire nationale réélue entend tourner la page des divisions en mettant le cap sur l’avenir. Les élections municipales de 2026 figurent au cœur de sa stratégie. Elle souhaite faire des écologistes un pilier de la recomposition de la gauche, en s’appuyant sur l’héritage de la Nupes, aujourd’hui moribonde, et sur sa propre notoriété en tant qu’opposante active au Rassemblement national à Hénin-Beaumont.
Tondelier défend une ligne écologiste de transformation sociale, qui assume les combats contre les inégalités, le dérèglement climatique et l’extrême droite.
Depuis son arrivée à la tête du parti, Marine Tondelier a su incarner un nouveau souffle, à la fois médiatique et militant. Très présente sur les réseaux sociaux, visible dans les médias nationaux, elle a contribué à renforcer la visibilité du parti, même si les résultats électoraux n’ont pas toujours suivi.
Sa capacité à dialoguer avec les autres forces de gauche, sans céder sur ses principes, en fait une interlocutrice clé dans les recompositions à venir. Toutefois, les critiques internes l’invitent à revoir sa méthode : « il faudra plus de collégialité, plus d’écoute », résument certains cadres du parti.
Au-delà des enjeux électoraux, le parti reste traversé par des débats profonds sur sa ligne politique. Entre les partisans d’un écologisme de gouvernement et ceux d’une écologie plus radicale, les tensions demeurent vives. La mission de Marine Tondelier sera donc aussi de garder ensemble une famille politique aux multiples visages, tout en imposant un cap lisible à l’extérieur.
La reconquête de l’électorat jeune, urbain et engagé sur les questions climatiques reste un objectif majeur, dans un contexte où l’écologie politique peine à s’imposer face à la montée de l’extrême droite et à la fragmentation de la gauche.