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Nice, capitale mondiale de l’océan : un sommet pour sauver le bleu de la planète

Réuni à Nice du 9 au 13 juin, le sommet mondial pour les océans appelle à une mobilisation internationale. Traité sur la haute mer, chalutage profond, financements bleus : l’urgence climatique se joue aussi en mer.

pollution des océans par le plastique

Du 9 au 13 juin 2025, la ville de Nice devient l’épicentre d’une mobilisation planétaire avec la tenue de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC3). Coorganisé par la France et le Costa Rica, le sommet rassemble plus de 60 chefs d’État et de gouvernement, des ONG, des chercheurs et des acteurs économiques autour d’un objectif commun : protéger les océans, menacés comme jamais.

Le président Emmanuel Macron a ouvert la conférence en appelant à un « réveil collectif » pour faire face aux menaces qui pèsent sur les milieux marins. « Certains veulent sortir du combat climatique. Nous devons, nous, y plonger encore davantage », a-t-il lancé, plaidant pour une coalition internationale forte.

Un objectif clair : protéger 30 % des océans d’ici 2030

Aujourd’hui, seulement 2,7 % des océans sont véritablement protégés. Or, l’objectif affiché par l’ONU et repris par de nombreux États est d’atteindre 30 % de surfaces marines protégées à l’horizon 2030. Un défi de taille, alors que la pression humaine continue de s’intensifier : surpêche, pollution plastique, acidification, exploration minière des grands fonds

Pour espérer progresser, le sommet de Nice met en avant des pistes d’action concrètes. Parmi les plus urgentes : la ratification du traité international sur la haute mer (BBNJ), adopté en 2023, mais toujours pas entré en vigueur faute d’un nombre suffisant de ratifications. À ce jour, seuls 32 pays l’ont approuvé, alors qu’il en faut 60 pour sa mise en œuvre.

Chalutage profond et exploitation minière dans le viseur

La question du chalutage de fond, une méthode de pêche destructrice, est revenue au centre des débats. Le Royaume-Uni a proposé d’interdire cette pratique dans 41 de ses zones marines protégées, couvrant près de 30 000 kilomètres carrés. Une mesure saluée par les défenseurs de l’environnement, qui demandent des engagements similaires à d’autres pays.

Autre sujet brûlant : l’exploitation des minerais en eaux profondes, dont les conséquences écologiques restent largement inconnues. Plusieurs ONG demandent un moratoire mondial sur cette activité, au nom du principe de précaution. Une centaine de scientifiques réunis à Nice ont appuyé cette demande, jugeant les risques trop élevés pour les écosystèmes marins.

Financements bleus et diplomatie environnementale

Le sommet ne se limite pas aux discours. Il est aussi question de financer la transition bleue. Des outils comme les blue bonds (obligations bleues) sont mis en avant pour soutenir les pays en développement dans leurs projets de conservation marine. La France a annoncé une enveloppe de 800 millions d’euros pour soutenir des initiatives locales et régionales.

Par ailleurs, plusieurs accords bilatéraux ont été signés en marge du sommet, notamment entre la France et des États insulaires du Pacifique, particulièrement vulnérables à la montée des eaux et à la destruction des récifs coralliens.

Une mobilisation citoyenne en toile de fond

En parallèle de la conférence officielle, la société civile s’est fortement mobilisée. Le 8 juin, Journée mondiale de l’océan, des centaines de baigneurs, plongeurs et chercheurs ont participé à une opération symbolique dans la Baie des Anges à Nice. Des animations, projections et expositions ont également permis de sensibiliser le public à la fragilité des écosystèmes marins.

Le sommet a aussi été l’occasion pour des personnalités comme le Prince William ou le documentariste David Attenborough de s’exprimer, appelant à faire des océans une priorité politique mondiale.

Un tournant pour l’avenir du « continent bleu »

La Conférence de Nice apparaît comme une étape charnière dans la lutte pour la préservation des océans. Si les discours sont ambitieux, c’est désormais leur mise en œuvre qui sera scrutée. La prochaine grande échéance pourrait être le Sommet des Nations unies sur la biodiversité de 2026, où l’état d’avancement des engagements sera évalué.

L’océan, longtemps relégué au second plan des politiques climatiques, prend enfin la place centrale qu’il mérite. À condition que les États ne laissent pas cette impulsion s’échouer dans les profondeurs de l’inaction.

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