Vance Boelter, 57 ans, a été interpellé après une cavale de 43 heures. Il est accusé du double meurtre de l’ex-députée Melissa Hortman et de son mari, et de deux tentatives d’assassinat.
Vance Boelter, 57 ans, a été interpellé après une cavale de 43 heures. Il est accusé du double meurtre de l’ex-députée Melissa Hortman et de son mari, et de deux tentatives d’assassinat.

Vance Luther Boelter, un homme de 57 ans, était activement recherché depuis samedi par toutes les forces de l’ordre américaines pour le meurtre de l’ancienne députée démocrate Melissa Hortman et de son mari. La cavale du suspect a pris fin dans la nuit de dimanche à lundi, au terme d’une traque de plus de 43 heures.
Qualifiée par les autorités de « plus grande mobilisation policière de l’histoire du Minnesota ». Boelter a été arrêté sans effusion de sang à proximité de Green Isle, dans une zone rurale du Sibley County.
Les faits se sont produits dans la nuit du 14 au 15 juin, dans la résidence de Melissa Hortman à Brooklyn Park. Selon les premiers éléments, le suspect aurait ouvert le feu sur les policiers dès leur arrivée avant de prendre la fuite. La députée, âgée de 55 ans, et son mari Mark Hortman ont été retrouvés morts à leur domicile.
Quelques heures plus tard, Boelter aurait attaqué un autre couple d’élus démocrates, le sénateur John Hoffman et son épouse, à Champlin, blessant grièvement les deux victimes.
La cavale s’est terminée dans la soirée du 15 juin, vers 22h, lorsqu’un hélicoptère de la patrouille d’État a repéré un homme armé et vêtu d’une tenue ressemblant à celle de la police, caché dans un champ. Boelter aurait tenté de dissimuler sa présence à l’aide de branches et d’un sac de couchage.
Il n’a opposé aucune résistance à l’arrestation, mais les forces de l’ordre ont pris toutes les précautions possibles, compte tenu de la dangerosité de l’individu. Il était armé au moment de son interpellation.
Lors de la perquisition du véhicule abandonné par Boelter après sa fuite, les enquêteurs ont découvert un document inquiétant : une liste de près de 70 noms, tous identifiés comme étant des élus démocrates ou des personnalités engagées dans la défense du droit à l’avortement.
Les premières analyses du document laissent entrevoir une motivation politique forte, teintée d’idéologie anti-avortement. Plusieurs extraits montrent une volonté de « purger le système » de ses représentants qu’il considère comme corrompus ou « anti-américains ».
Le profil de Boelter laisse apparaître une préparation minutieuse. Il portait un pantalon militaire, une veste noire tactique, et un pistolet chargé a été retrouvé dans son sac. La tenue retrouvée sur lui lors de son arrestation est très proche de celle des forces de l’ordre locales, ce qui aurait pu lui permettre de tromper les policiers ou des civils pendant sa fuite.
D’après les autorités, il aurait vécu dans sa voiture pendant plusieurs jours avant les attaques.
Peu d’éléments ont filtré sur le passé judiciaire de Boelter. Selon les premières déclarations, il n’était pas activement recherché avant ces faits, bien qu’il ait publié des messages virulents sur des forums ultraconservateurs. Le FBI et les services de renseignement intérieur ont été saisis pour étudier les antécédents et les connexions potentielles du suspect avec des mouvements extrémistes.
Une enquête fédérale pour terrorisme intérieur pourrait être ouverte selon plusieurs sources proches du dossier.
Melissa Hortman, ancienne présidente de la Chambre des représentants du Minnesota, était une figure respectée du Parti démocrate local. Très investie dans les droits civiques et les questions environnementales, sa disparition tragique a bouleversé la classe politique. Son mari Mark, moins connu publiquement, était un avocat discret mais engagé.
De leur côté, le sénateur John Hoffman et son épouse Yvette, blessés à leur domicile, ont subi des interventions chirurgicales. Leur état est désormais jugé stable, selon les services hospitaliers.
De Joe Biden à Tim Walz, gouverneur du Minnesota, en passant par des élus Républicains, les messages de soutien et d’indignation se sont multipliés depuis samedi. Le président américain a évoqué une attaque « contre la démocratie elle-même ».
Plusieurs élus demandent désormais un renforcement de la protection policière pour les personnalités politiques, surtout dans les États où la polarisation politique est particulièrement vive.