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Brûlée vive par son ex-mari : une peine maximale pour un féminicide glaçant

Mounir Boutaa a été condamné à la perpétuité pour le féminicide de son ex-femme Chahinez Daoud, brûlée vive en 2021 à Mérignac. Ce crime a révélé de graves défaillances dans la protection des victimes.

prison justice

Le 28 mars 2025, la cour d’assises de la Gironde a condamné Mounir Boutaa à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, pour avoir assassiné son ex-épouse, Chahinez Daoud, en mai 2021 à Mérignac. Un verdict attendu, à la hauteur de l’effroi provoqué par cet acte d’une brutalité rare, qui avait mis en lumière des défaillances criantes dans la prise en charge des violences conjugales. Ce crime, marqué par une extrême violence, avait profondément choqué l’opinion publique et suscité une onde de colère et d’incompréhension dans toute la France. À l’issue d’un procès éprouvant pour les proches de la victime, la justice a reconnu la pleine responsabilité de l’accusé, écartant toute circonstance atténuante.

Une scène d’horreur en pleine rue

Le 4 mai 2021, Chahinez Daoud, âgée de 31 ans, est interceptée en pleine rue par son ex-mari, alors qu’elle tente de fuir ses violences. Armé d’un pistolet, Mounir Boutaa lui tire dans les jambes pour l’immobiliser, avant de l’asperger d’essence et de l’immoler par le feu, sous les yeux de riverains impuissants. La jeune femme décède dans des souffrances atroces.

À l’époque, l’homme faisait déjà l’objet d’un suivi judiciaire : il venait de sortir de prison après une condamnation pour des violences sur Chahinez, mais n’était plus sous bracelet électronique. L’enquête révélera plusieurs manquements dans le suivi de l’agresseur et dans la protection de la victime, pourtant très active dans ses démarches auprès des forces de l’ordre.

L’échec d’un système de protection

Ce drame est rapidement devenu un symbole de l’échec institutionnel dans la lutte contre les féminicides. Un rapport avait été commandé par le gouvernement pour analyser les dysfonctionnements de cette affaire, mettant en cause le manque de communication entre services judiciaires et policiers. Plusieurs agents ont été sanctionnés pour n’avoir pas assuré un suivi rigoureux de la situation de Chahinez.

Ce féminicide a ainsi accéléré la réflexion sur la modernisation des outils de protection, notamment l’usage plus systématique des bracelets anti-rapprochement ou le renforcement des mesures d’éloignement. Pourtant, pour beaucoup d’associations, ces avancées restent insuffisantes tant que les moyens humains et budgétaires ne suivent pas.

Un procès douloureux, un verdict salué

Au cours du procès, Mounir Boutaa a tenté de minimiser ses intentions, affirmant qu’il ne voulait pas tuer Chahinez mais simplement lui « faire peur ». Des déclarations contredites par la violence méthodique de ses actes. Aucun élément n’est venu corroborer ses accusations d’infidélité, avancées pour justifier une jalousie maladive. Deux expertises psychiatriques ont conclu à une altération partielle du discernement, sans écarter sa responsabilité pénale. Face à sa dangerosité et à l’absence de signes de remords, les jurés ont suivi les réquisitions de l’avocat général. La famille de Chahinez, très présente durant l’audience, a accueilli ce verdict avec soulagement, tout en rappelant que « rien ne ramènera Chahinez ». Un soulagement teinté d’amertume, tant ce féminicide restera, pour longtemps, le symbole glaçant d’une tragédie évitable.

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