Hélène Perlant, fille de François Bayrou, révèle avoir été victime de violences physiques dans les années 1980, dans un camp catholique. Elle rompt le silence après 30 ans pour soutenir d’autres victimes de l’affaire Bétharram.
Hélène Perlant, fille de François Bayrou, révèle avoir été victime de violences physiques dans les années 1980, dans un camp catholique. Elle rompt le silence après 30 ans pour soutenir d’autres victimes de l’affaire Bétharram.

Dans un entretien accordé récemment à Paris Match, Hélène Perlant, la fille aînée de François Bayrou, aujourd’hui Premier ministre, a fait une révélation bouleversante : elle affirme avoir été violemment agressée à l’âge de 14 ans lors d’un camp d’été organisé par la congrégation catholique Notre-Dame de Bétharram, dans les années 1980.
Elle accuse l’abbé Lartiguet, un prêtre de l’établissement, de l’avoir frappée et laissée prostrée toute une nuit après l’avoir traînée au sol et rouée de coups.
Le silence d’Hélène Perlant a duré plus de 30 ans. Elle explique ne jamais avoir parlé de cet épisode à son père, ni à sa famille, par peur de blesser et par volonté de protéger celui-ci. « Je n’ai jamais voulu lui faire de mal. Il ne savait rien », déclare-t-elle. Elle précise que François Bayrou n’avait aucune connaissance de ces violences jusqu’à ce qu’elle décide de les révéler publiquement.
Cette démarche s’inscrit dans le contexte d’une affaire beaucoup plus large, celle des violences systémiques survenues dans l’établissement Bétharram, qui fait l’objet de nombreuses plaintes, notamment pour violences physiques, psychologiques et sexuelles.

Le témoignage d’Hélène Perlant figure également dans le livre Le Silence de Bétharram, qui doit paraître le 24 avril 2025. Cet ouvrage est coécrit avec Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes, qui regroupe plusieurs anciens élèves du réseau éducatif lié à la congrégation. Le livre vise à faire la lumière sur les abus et à soutenir ceux qui, comme Hélène Perlant, ont mis des décennies à trouver la force de parler.
François Bayrou, lui-même ancien ministre de l’Éducation nationale, a vu plusieurs de ses enfants passer par l’établissement Bétharram. Interrogé, il a fermement nié avoir eu connaissance de ces actes ou de plaintes associées. D’après les sources proches du Premier ministre, cette révélation de sa fille aurait été un choc personnel, et il lui aurait témoigné son soutien total après avoir pris connaissance des faits.
La prise de parole d’Hélène survient dans un climat politique tendu, alors que Bayrou est régulièrement visé par ses opposants pour son passé d’enseignant et de responsable éducatif.
Pour Hélène Perlant, cette confession publique est avant tout un acte de solidarité. Elle déclare avoir pris la parole pour « aider d’autres à parler, à ne plus avoir honte ». Elle ajoute : « Je ne veux plus me taire. Je veux que ce que j’ai vécu serve à quelque chose. »
Son témoignage jette une lumière crue sur le silence pesant qui a régné autour de nombreux abus perpétrés dans des structures religieuses pendant des décennies. Il rappelle aussi combien il est difficile, même pour les proches des plus hauts responsables, de faire éclater la vérité lorsque la douleur est enfouie depuis l’enfance.
À travers ses mots, Hélène Perlant donne une voix à une génération qui commence seulement à briser les chaînes du silence.