L’annonce a plongé le monde du cinéma francophone dans une profonde tristesse. Émilie Dequenne, l’actrice belge révélée en 1999 dans Rosetta, est décédée le 16 mars 2025 à l’âge de 43 ans, des suites d’un cancer rare. Sa famille et son agente, Danielle Gain, ont confirmé la nouvelle, provoquant une vague d’émotion parmi les cinéphiles et les professionnels du septième art.
L’actrice luttait depuis plusieurs mois contre un corticosurrénalome, une forme rare de cancer du système endocrinien. Malgré son combat courageux et une brève rémission annoncée en avril 2024, la maladie a fini par l’emporter. Son décès laisse un vide immense dans le paysage cinématographique, où elle a marqué les esprits par son talent et son engagement.
Une ascension fulgurante grâce à Rosetta
Née le 29 août 1981 à Belœil, en Belgique, Émilie Dequenne a vu sa carrière décoller à seulement 17 ans grâce à Rosetta, film des frères Dardenne. Son interprétation bouleversante d’une jeune femme en détresse sociale lui a valu le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 1999. Ce rôle intense et naturaliste a immédiatement fait d’elle l’une des figures montantes du cinéma européen.
Dès lors, elle enchaîne les rôles marquants, prouvant qu’elle n’est pas une étoile filante. Elle s’illustre dans Le Pacte des loups (2001) de Christophe Gans, aux côtés de Vincent Cassel et Samuel Le Bihan, puis dans La Fille du RER (2009) d’André Téchiné, inspiré d’un fait divers. Son jeu subtil et puissant séduit aussi bien les réalisateurs que le public.
Des rôles forts et un César en 2021
En 2012, Émilie Dequenne frappe un grand coup avec À perdre la raison de Joachim Lafosse. Elle y incarne une mère de famille en détresse psychologique, un rôle intense qui lui vaut le prix d’interprétation dans la section Un certain regard à Cannes. Ce film, inspiré de l’affaire Geneviève Lhermitte, prouve une fois de plus sa capacité à incarner des personnages profonds et tourmentés.
Elle poursuit sa carrière en alternant entre productions grand public et films d’auteur. En 2021, elle décroche le César du meilleur second rôle féminin pour Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret. Ce prix, qui vient récompenser sa justesse et son élégance de jeu, consacre une carrière riche et variée.
Un combat contre la maladie jusqu’au bout
En octobre 2023, Émilie Dequenne annonce publiquement être atteinte d’un corticosurrénalome, un cancer endocrinien rare. Toujours souriante et combative, elle partage son combat avec dignité, sensibilisant le public à cette maladie méconnue. En avril 2024, une lueur d’espoir apparaît lorsqu’elle annonce être en rémission. Mais en décembre, la maladie revient avec force, réduisant peu à peu ses forces.
Malgré cela, elle trouve l’énergie d’apparaître au Festival de Cannes en mai 2024, pour célébrer les 25 ans de Rosetta et présenter son dernier film, Survivre. Ce moment, empreint d’émotion, restera comme l’un des derniers hommages à son incroyable parcours.
Un flot d’hommages pour une actrice inoubliable
Depuis l’annonce de son décès, les hommages se multiplient. La ministre de la Culture, Rachida Dati, a salué « une actrice d’une rare intensité, qui avait encore tant à offrir au cinéma ». De nombreux réalisateurs et partenaires de jeu, comme les frères Dardenne, André Téchiné ou encore Vincent Cassel, ont exprimé leur tristesse et souligné son immense talent.
Émilie Dequenne laisse derrière elle une filmographie riche et un héritage artistique puissant. Son talent brut, sa sincérité dans le jeu et son courage face à la maladie font d’elle une figure marquante du cinéma francophone. Son départ prématuré est une perte immense, mais son empreinte restera gravée dans les mémoires.

