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Pourquoi change-t-on d’heure ? heure d’été, heure d’hiver

Le changement d’heure, instauré pour économiser l’énergie, est de plus en plus critiqué. Ses bénéfices sont aujourd’hui remis en question, tandis que ses effets sur la santé et la société alimentent un débat toujours d’actualité.

changement d'heure

Deux fois par an, les horloges sont décalées d’une heure : fin mars, on passe à l’heure d’été ; fin octobre, retour à l’heure d’hiver. Ce rituel, connu de tous mais souvent mal compris, suscite chaque année son lot de débats. Pourquoi cette mesure est-elle toujours en vigueur ? Et surtout, est-elle encore justifiée ?

Une origine liée à la lumière… et à la guerre

Le concept de changement d’heure ne date pas d’hier. L’idée a été évoquée dès le XVIIIe siècle, notamment par Benjamin Franklin, qui suggérait de profiter davantage de la lumière du jour pour réduire la consommation de bougies. Mais ce n’est qu’en 1916, en pleine Première Guerre mondiale, que l’Allemagne adopte officiellement le système pour économiser du charbon. La France lui emboîte le pas la même année.

Abandonnée après la Seconde Guerre mondiale, la mesure revient en 1976, après le premier choc pétrolier. L’objectif reste le même : faire coïncider les heures d’activité humaine avec les heures de lumière naturelle, afin de réduire les besoins en éclairage artificiel et, par conséquent, la consommation d’énergie.

Des économies d’énergie… en déclin

économie d'énergie avec le changement d'heure

Pendant longtemps, l’argument énergétique a dominé. Moins de lumière artificielle le soir signifiait moins d’électricité consommée. Or, cet argument est aujourd’hui de plus en plus contesté. En 2010, une étude de l’ADEME (Agence de la transition écologique) indiquait que le changement d’heure permettait encore de réduire la consommation d’électricité de 0,1 à 0,2 % par an.

Mais avec la généralisation des ampoules LED, la baisse du poids de l’éclairage dans la consommation globale, et l’utilisation croissante du chauffage ou de la climatisation, les économies réelles deviennent marginales. Certains experts estiment même que l’heure d’été pourrait augmenter les besoins en climatisation, annulant une partie des gains supposés.

Des effets controversés sur la santé et la société

Le changement d’heure n’est pas sans conséquence pour les organismes. Il perturbe l’horloge biologique, notamment celle des enfants et des personnes âgées. Plusieurs études montrent une augmentation temporaire des troubles du sommeil, de la fatigue et même des risques d’accidents de la route ou du travail, dans les jours qui suivent le changement.

Selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), le passage à l’heure d’été, en particulier, est le plus éprouvant pour l’organisme. En 2018, une étude finlandaise a même évoqué une hausse de 8 % des accidents vasculaires cérébraux (AVC) dans les jours suivant le changement d’heure.

Côté société, le gain de luminosité en soirée peut être apprécié, notamment pour les activités de plein air, le tourisme ou la restauration. Mais le coût physiologique reste une source d’inquiétude, surtout dans un contexte où la santé publique est une priorité croissante.

L’Europe veut en finir, mais sans se presser

Face aux critiques, l’Union européenne a décidé en 2018 de supprimer le changement d’heure saisonnier. Une consultation publique menée par la Commission européenne a recueilli plus de 4,6 millions de réponses, dont 84 % favorables à la fin du changement d’heure.

Le Parlement européen a voté en 2019 en faveur de cette suppression à l’horizon 2021. Chaque État membre devait alors choisir de rester définitivement à l’heure d’été ou à l’heure d’hiver. Mais depuis, le sujet est resté en suspens, freiné par le manque de coordination entre pays et les priorités plus urgentes comme la pandémie ou les crises économiques.

Résultat : le changement d’heure reste en vigueur, dans l’attente d’un éventuel accord européen. En France, aucune décision définitive n’a été prise sur l’heure à adopter en cas de suppression du système.

Une mesure de moins en moins défendable ?

Aujourd’hui, de nombreux spécialistes s’accordent à dire que les inconvénients du changement d’heure l’emportent sur ses bénéfices. L’évolution des usages énergétiques, les effets sanitaires, et l’évolution des modes de vie rendent cette mesure de moins en moins pertinente.

Mais le sujet reste hautement politique. Choisir une heure fixe soulèverait d’autres questions : faut-il s’aligner sur l’Espagne ? Sur l’Allemagne ? Rester à l’heure d’hiver, plus proche de l’heure solaire, ou conserver l’heure d’été, jugée plus agréable pour les soirées ?

En attendant, on continue de changer d’heure

En l’absence de décision claire, les Européens et les Français, continueront à avancer ou reculer leur montre deux fois par an. Un automatisme pour certains, une aberration pour d’autres, qui témoigne surtout d’un système à bout de souffle.

Le prochain changement d’heure aura lieu dans la nuit du 29 au 30 mars 2025, avec un passage à l’heure d’été : à 2 heures du matin, il sera 3 heures. Une heure de sommeil perdue… et une heure de débat relancée.

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