L’Institut Duc d’Anjou, fondé par Louis de Bourbon, œuvre à la promotion de la mémoire monarchique française. Héritier légitimiste des rois de France, il incarne une figure traditionnelle dans une France républicaine.
L’Institut Duc d’Anjou, fondé par Louis de Bourbon, œuvre à la promotion de la mémoire monarchique française. Héritier légitimiste des rois de France, il incarne une figure traditionnelle dans une France républicaine.

Créé en novembre 2010, l’Institut Duc d’Anjou est une organisation culturelle fondée à l’initiative de Louis de Bourbon, descendant direct de Louis XIV, reconnu par les légitimistes comme le chef de la Maison de Bourbon et héritier du trône de France sous le nom de Louis XX. L’objectif affiché de cet institut est clair : promouvoir l’histoire et la mémoire de la monarchie française, à travers des événements culturels, des conférences, des publications et des commémorations.
Cet organisme s’inscrit dans une tradition monarchique profondément enracinée dans l’histoire française, en résonance avec les valeurs historiques portées par la dynastie capétienne. Il se positionne comme un lieu de mémoire autant que comme un outil de transmission, en particulier auprès des jeunes générations. En ce sens, l’Institut se veut une passerelle entre le passé royal de la France et son présent républicain, en cultivant une certaine idée de continuité culturelle et identitaire.
Né le 25 avril 1974 à Madrid, Louis de Bourbon, de son nom complet Louis Alphonse de Bourbon, est l’arrière-petit-fils du roi Alphonse XIII d’Espagne et, par sa mère, un descendant de François-Ferdinand d’Autriche, dont l’assassinat déclencha la Première Guerre mondiale. Mais c’est surtout par son père, Alphonse de Bourbon, duc de Cadix, qu’il revendique la légitimité dynastique française.

En tant qu’aîné des Capétiens, Louis de Bourbon est reconnu par les légitimistes français comme le successeur des rois de France, dans une lignée qui remonte à Hugues Capet en 987. Son titre de duc d’Anjou, hérité de son père après sa mort accidentelle en 1989, est symbolique : il renvoie à l’histoire dynastique des Bourbons, et sert de fondement à ses prétentions royales.
Peu présent sur la scène politique, Louis de Bourbon n’en demeure pas moins une figure publique active dans le domaine de la mémoire monarchique. Il utilise les outils contemporains — réseaux sociaux, campagnes de sensibilisation, événements commémoratifs — pour faire entendre une voix minoritaire mais constante dans le paysage français : celle de la légitimité monarchique.
L’Institut Duc d’Anjou s’est donné pour mission de faire revivre l’histoire de la monarchie, au-delà du seul cadre institutionnel. Il organise chaque année des cérémonies en mémoire de Louis XVI, notamment à la date anniversaire de son exécution, le 21 janvier 1793. Des hommages sont également rendus à saint Louis ou à Henri IV, figures majeures de l’histoire capétienne.
Parmi ses projets récents, on peut noter la création du Jeu Royal, une initiative pédagogique originale lancée pour faire découvrir l’histoire des rois de France à un jeune public. Ce jeu éducatif, disponible à la vente via l’Institut de la Maison de Bourbon, se veut à la fois ludique et instructif, en associant transmission historique et divertissement familial.

Outre ces initiatives, l’Institut soutient également la publication d’ouvrages, la production de contenus audiovisuels, et la tenue de conférences historiques. Il s’implique dans des projets à portée culturelle, sans jamais chercher la confrontation politique directe avec la République.
L’Institut de la Maison de Bourbon, fondé à la demande de Monseigneur le duc d’Anjou et de Ségovie (grand-père de Louis de Bourbon) en 1973, partage les mêmes objectifs que l’Institut Duc d’Anjou. Reconnue d’utilité publique, cette structure organise également des manifestations culturelles, publie un bulletin trimestriel intitulé “Les Nouvelles de l’Institut”, et soutient la recherche sur l’histoire monarchique.

La collaboration entre les deux entités permet de renforcer la visibilité du message royaliste, tout en maintenant une distinction claire entre les activités culturelles et toute revendication politique directe. Louis de Bourbon, en tant que figure tutélaire, incarne ce positionnement modéré, ancré dans la tradition mais tourné vers l’éducation et la mémoire.
La figure de Louis de Bourbon reste marginale dans le débat public français, mais son influence symbolique ne doit pas être sous-estimée. Il représente pour certains une continuité historique, une incarnation de la France éternelle, fidèle à ses racines et à son héritage chrétien. Pour d’autres, il n’est qu’un aristocrate anachronique, vestige d’un passé révolu.
Dans tous les cas, la monarchie reste un sujet sensible en France, où la République est solidement ancrée depuis 1870. Toutefois, la figure de Louis XX suscite un certain engouement sur les réseaux sociaux, notamment dans les milieux conservateurs, royalistes ou catholiques traditionalistes.
Sa présence lors de grandes cérémonies chrétiennes, ses prises de parole publiques — toujours mesurées — et son image de père de famille engagé (il est marié et père de quatre enfants) contribuent à forger une image rassurante et digne. Il n’est pas un militant, mais un gardien de la mémoire.
Contrairement à l’image poussiéreuse qu’on pourrait associer à la monarchie, Louis de Bourbon adopte une stratégie de communication résolument contemporaine. Il est actif sur les réseaux sociaux, notamment sur X (anciennement Twitter), où il partage des réflexions historiques, des messages de foi, ou des moments de vie privée.
Il s’adresse aussi bien aux nostalgiques de la monarchie qu’aux jeunes curieux d’histoire, en valorisant l’importance de la tradition, de la famille et de la continuité historique. Cette modernisation de l’image monarchique passe aussi par la mise en ligne de ressources éducatives, de vidéos et de supports pédagogiques accessibles à tous.
Il ne s’agit pas, pour lui, de revendiquer un trône, mais de maintenir vivante l’idée monarchique dans la conscience collective. En cela, l’Institut Duc d’Anjou fonctionne comme un outil de soft power culturel, dans une logique de préservation plutôt que de restauration.
Dans un monde où les repères historiques semblent parfois vaciller, l’Institut Duc d’Anjou propose une boussole enracinée dans un millénaire d’histoire. Sans jamais entrer en opposition frontale avec la République, Louis de Bourbon s’efforce de rappeler qu’il existe une autre mémoire française, celle des rois, de la chevalerie, de l’unité chrétienne.
À l’heure où l’identité nationale fait débat, l’Institut offre un cadre de réflexion et de transmission, en dehors du champ politique, mais au cœur des valeurs. Il est possible que la monarchie ne revienne jamais en France — Louis de Bourbon lui-même ne revendique aucun pouvoir — mais la mémoire qu’il incarne ne s’est pas éteinte.