Airbnb à Marseille : la mairie durcit encore la réglementation
La Ville de Marseille a annoncé une nouvelle restriction pour encadrer la location de courte durée via des plateformes comme Airbnb. Désormais, les propriétaires ne pourront louer leur résidence principale que pour une durée maximale de 90 jours par an, contre 120 jours auparavant. Cette mesure s’inscrit dans la volonté de la municipalité de lutter contre la pénurie de logements disponibles pour les résidents permanents et de préserver l’équilibre du marché locatif.
Un nouveau coup de frein pour Airbnb
Le durcissement de la réglementation marseillaise s’inscrit dans un contexte national de surveillance accrue des locations touristiques. La loi « anti-Airbnb », adoptée en novembre 2024, a offert aux communes de nouveaux outils législatifs pour restreindre la durée de location des résidences principales. Marseille, où le logement est une préoccupation majeure, a décidé de s’appuyer sur ces nouvelles dispositions pour limiter les effets du développement des locations meublées de tourisme.
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a été clair sur les intentions de la ville : « J’ai toujours dit qu’à Marseille, nous aurons la réglementation la plus stricte et la plus forte de France pour lutter contre les meublés de tourisme. » Cette politique vise à empêcher la spéculation immobilière qui entraîne une raréfaction des logements à destination des habitants.
Les nouvelles règles et leurs conséquences
À compter de leur adoption par le Conseil municipal en avril, les propriétaires marseillais devront respecter la limite de 90 jours par an pour la location de leur résidence principale. Cette réduction s’accompagne de sanctions plus strictes pour les contrevenants. Les propriétaires qui dépasseraient cette durée risqueront une amende pouvant atteindre 15 000 euros.
La mesure vise à limiter la prolifération des logements touristiques dans certains quartiers, notamment ceux du centre-ville, où de nombreux logements sont déjà transformés en locations saisonnières, réduisant ainsi l’offre pour les habitants permanents.
Une réaction mitigée des plateformes et des hôtes
Si la mairie de Marseille défend sa décision comme une nécessité pour protéger l’accès au logement des Marseillais, la plateforme Airbnb et d’autres acteurs du secteur critiquent cette nouvelle limitation. Clément Eulry, directeur général d’Airbnb France et Belgique, a réagi en qualifiant la mesure de « purement politique ». Selon lui, cette restriction ne résoudra pas le problème du logement à Marseille et risque au contraire de pénaliser les habitants qui comptent sur la location saisonnière pour compléter leurs revenus.
Airbnb affirme que la majorité des annonces à Marseille concernent des logements loués moins de 120 jours par an ou des chambres chez l’habitant. La plateforme défend l’idée que ces locations offrent une source de revenus précieuse pour de nombreuses familles et qu’une réduction du plafond de location ne suffira pas à libérer un nombre significatif de logements pour les résidents de longue durée.
Marseille suit l’exemple d’autres grandes villes
La cité phocéenne n’est pas la seule ville à adopter une approche plus stricte envers les locations de courte durée. Paris a déjà instauré une régulation similaire, imposant aux propriétaires de ne pas dépasser 120 jours de location par an et de déclarer leurs locations auprès de la mairie. D’autres métropoles françaises, comme Lyon et Bordeaux, suivent également de près la situation et pourraient renforcer leurs propres mesures.
À l’international, des villes comme Barcelone ou Amsterdam ont pris des décisions encore plus radicales en interdisant certaines formes de locations touristiques pour préserver le marché locatif traditionnel. Marseille semble donc s’inscrire dans une tendance plus large de régulation visant à rééquilibrer l’usage du parc immobilier entre tourisme et habitat permanent.
Vers une réglementation encore plus stricte ?
Alors que cette nouvelle limitation à 90 jours doit être votée en avril, certains élus marseillais appellent déjà à des restrictions encore plus sévères. Des associations de résidents militent pour une interdiction totale des locations de courte durée dans certains arrondissements où la pression locative est particulièrement forte.
D’autres mesures pourraient également voir le jour, comme l’obligation pour les plateformes de partager en temps réel les données de location avec la municipalité ou l’instauration d’un quota de logements pouvant être destinés à la location touristique dans certains secteurs de la ville.
En attendant, les propriétaires marseillais devront s’adapter à ces nouvelles règles. Pour les locataires, cette évolution est perçue comme une avancée nécessaire pour tenter de rétablir un marché locatif plus équilibré. La bataille entre la municipalité et les plateformes comme Airbnb semble loin d’être terminée, et il n’est pas exclu que la législation continue d’évoluer dans les mois à venir.

