Un auteur gagne généralement 8 à 12 % du prix hors taxes par livre vendu. Les revenus restent modestes, sauf en autoédition ou en cas de best-seller. Une réforme sur les livres d’occasion est envisagée.
Un auteur gagne généralement 8 à 12 % du prix hors taxes par livre vendu. Les revenus restent modestes, sauf en autoédition ou en cas de best-seller. Une réforme sur les livres d’occasion est envisagée.

Entre rêve d’écriture et réalité économique, combien gagne réellement un auteur lorsqu’il publie un livre ? Si le prestige est souvent au rendez-vous, les revenus issus des droits d’auteur sont plus modestes qu’on ne l’imagine. Décryptage complet d’un système complexe.
Lorsqu’un auteur signe un contrat avec une maison d’édition, il cède ses droits patrimoniaux en échange d’une rémunération proportionnelle aux ventes de son œuvre. Cette rémunération est fixée dans le contrat d’édition.
Le pourcentage versé à l’auteur se situe généralement entre :
Ce pourcentage peut évoluer selon la notoriété de l’auteur, le genre littéraire, le format (broché, poche), ou encore les négociations contractuelles.
Exemple : Un roman vendu 20 € TTC (soit environ 18,96 € HT) rapportera à son auteur, à 10 %, 1,89 € par exemplaire.
Dans l’édition traditionnelle, les éditeurs versent souvent un à-valoir à l’auteur. Il s’agit d’une avance sur les droits futurs : l’auteur touche cette somme même si son livre ne se vend pas.

Mais si les ventes ne dépassent pas l’à-valoir, l’auteur ne touchera pas plus. Il faudra vendre suffisamment d’exemplaires pour générer des droits supérieurs à cette avance et espérer des revenus supplémentaires.
Outre les droits d’auteur classiques, un écrivain peut aussi percevoir :
Mais ces revenus concernent souvent une minorité d’auteurs reconnus.
Avec l’essor des plateformes comme Amazon KDP, Kobo Writing Life ou Books on Demand, de nombreux auteurs choisissent l’autoédition.
Exemple : Un ebook vendu 10 € peut rapporter 6 à 7 € à l’auteur en autoédition, contre 1 à 2 € en édition classique.
Des auteurs à succès comme Guillaume Musso, Marc Lévy ou Amélie Nothomb vendent plusieurs centaines de milliers d’exemplaires par an, ce qui peut générer des centaines de milliers d’euros, voire plus, en droits.
Lorsqu’un livre est réédité en format poche, les conditions changent :
Cela peut néanmoins relancer les ventes, avec des tirages plus larges et une exposition prolongée.
Les maisons d’édition envoient chaque année un relevé de droits d’auteur. Il récapitule :
Certaines maisons versent deux fois par an, d’autres une seule fois. En cas d’erreur, l’auteur peut demander un contrôle de gestion ou se faire assister par un agent ou un juriste spécialisé.
Les droits d’auteur sont considérés comme des revenus artistiques. L’auteur peut les déclarer :
Au-delà de 72 600 € de chiffre d’affaires annuel, il doit opter pour un régime réel d’imposition avec comptabilité.
| Situation | Nombre d’exemplaires vendus | Revenus estimés |
|---|---|---|
| Premier roman (édition classique) | 1 000 ex | ~1 500 à 2 000 € |
| Auteur confirmé (édition classique) | 10 000 ex | ~20 000 € |
| Best-seller (édition classique) | 100 000 ex | ~150 000 à 200 000 € |
| Auteur autoédité | 2 000 ebooks à 10 € | ~12 000 à 14 000 € |
En avril 2025, Emmanuel Macron a annoncé vouloir instaurer une rémunération des auteurs sur les ventes de livres d’occasion. Aujourd’hui, les écrivains ne perçoivent rien sur ce marché en pleine expansion. L’idée serait de créer un « droit de suite », à l’image de celui existant dans l’art, permettant aux auteurs de toucher une part lors de chaque revente.
Le ministère de la Culture étudie actuellement la faisabilité juridique de cette mesure avec le Conseil d’État. Si elle est validée, elle pourrait être intégrée à une future loi. Les petits revendeurs et associations comme Emmaüs pourraient être exemptés. Les sommes collectées seraient redistribuées par un organisme de gestion collective afin de soutenir la création littéraire.
Être auteur reste un métier à forte dimension artistique et personnelle, mais peu rémunérateur pour la majorité. Seule une poignée d’écrivains parviennent à vivre exclusivement de leurs livres.
Avec l’arrivée du numérique, des plateformes d’autoédition et une certaine désintermédiation, les opportunités évoluent, mais la précarité reste la norme. L’important reste souvent ailleurs : dans la transmission, le plaisir d’écrire et le partage avec les lecteurs.