Les taxis se sont mobilisés ce mercredi 11 juin pour dénoncer la réforme de la tarification des transports sanitaires. À Paris, des blocages ont visé Bercy et les aéroports. Le dialogue reste tendu.
Les taxis se sont mobilisés ce mercredi 11 juin pour dénoncer la réforme de la tarification des transports sanitaires. À Paris, des blocages ont visé Bercy et les aéroports. Le dialogue reste tendu.

Ce mercredi 11 juin 2025, les chauffeurs de taxi se sont massivement mobilisés dans la capitale pour protester contre la réforme de la tarification des transports sanitaires décidée par le gouvernement. À l’appel de plusieurs organisations professionnelles, des cortèges se sont formés dès le matin en direction de Bercy, tandis que des opérations escargots ont paralysé les abords des aéroports parisiens.
Au cœur de la contestation : l’entrée en vigueur, prévue pour le 1er octobre 2025, d’un nouveau mode de rémunération des transports de patients. Ce dispositif prévoit un tarif forfaitaire de 13 euros, auquel s’ajouterait un montant au kilomètre. Les chauffeurs dénoncent une baisse de revenus estimée entre 30 et 40 %, notamment pour les courses longues en zone rurale.
« Cette réforme est une condamnation à mort économique pour des milliers de chauffeurs », a déclaré un représentant de la Fédération nationale des taxis.
Dès la mi-journée, plusieurs centaines de taxis se sont regroupés devant le ministère de l’Économie et des Finances à Bercy, bloquant l’accès au quartier avec leurs véhicules. Les forces de l’ordre ont encadré la mobilisation sans incident majeur, mais la circulation a été fortement perturbée sur les quais et les boulevards adjacents.
Parallèlement, des barrages filtrants ont été installés aux abords des aéroports d’Orly et de Roissy-Charles-de-Gaulle, provoquant d’importants ralentissements. Des files de voyageurs à pied, valises à la main, ont été observées sur les routes d’accès.
Fait notable, certains chauffeurs VTC se sont joints à la mobilisation, bien qu’ils ne soient pas concernés par la réforme des transports sanitaires. Leur présence traduit une fronde plus large contre la saturation du marché et l’absence de régulation. Ils demandent un moratoire sur la délivrance de nouvelles licences et dénoncent « une politique du tout-concurrence ».
Cette convergence inattendue a renforcé l’ampleur de la mobilisation, qui a dépassé les seuls taxis conventionnés.
Une réunion de dernière minute s’est tenue au ministère de la Santé ce matin avec des représentants des chauffeurs. Selon une source proche du dossier, des aménagements pourraient être envisagés, notamment pour les zones les plus isolées. Mais les syndicats se disent peu confiants.
« On nous fait des promesses depuis des années, mais rien ne change », a résumé un chauffeur, visiblement amer. Le gouvernement, de son côté, assure vouloir « garantir un accès équitable aux soins tout en maîtrisant les coûts ».
À la fin de cette journée de mobilisation, les syndicats n’ont pas exclu une prochaine grève nationale, avec des actions reconduites dans plusieurs grandes villes. L’exaspération monte, et certains chauffeurs parlent d’un mouvement « jusqu’à ce qu’on nous entende vraiment ».
Dans l’immédiat, les usagers sont invités à éviter les axes périphériques et à privilégier les transports en commun, alors que les conséquences du blocage se font encore sentir dans la soirée.