Le 9 octobre 2025, Robert Badinter, artisan de l’abolition de la peine de mort, fera son entrée au Panthéon, à une date symbolique. Une décision saluée comme un hommage fort à son héritage humaniste.
Le 9 octobre 2025, Robert Badinter, artisan de l’abolition de la peine de mort, fera son entrée au Panthéon, à une date symbolique. Une décision saluée comme un hommage fort à son héritage humaniste.

Le 9 octobre 2025, la République française rendra un hommage solennel à Robert Badinter, en le faisant entrer au Panthéon, temple républicain des grands hommes et femmes de la Nation. Cette date n’a pas été choisie au hasard : elle marque le 44ᵉ anniversaire de la promulgation de la loi abolissant la peine de mort, votée le 18 septembre 1981 et promulguée le 9 octobre de la même année, grâce à l’engagement acharné de celui qui était alors ministre de la Justice sous François Mitterrand.
Né en 1928 à Paris dans une famille juive d’origine bessarabe, Robert Badinter a été marqué à jamais par la tragédie de la Shoah, notamment par la déportation de son père, assassiné au camp de Sobibor en 1943. Cet épisode tragique a façonné une vie de combats pour la justice, la dignité humaine et le respect absolu de l’État de droit.
Avocat de renom, il s’est illustré dans plusieurs procès majeurs avant de devenir Garde des Sceaux en 1981. À ce poste, il porte l’un des combats les plus emblématiques de la Cinquième République : l’abolition de la peine de mort, qu’il défend avec une éloquence devenue légendaire devant l’Assemblée nationale.
Le président Emmanuel Macron a annoncé cette panthéonisation lors de l’hommage national rendu à Badinter le 14 février 2024, place Vendôme, en présence de nombreuses personnalités politiques, judiciaires et intellectuelles. À cette occasion, le chef de l’État a déclaré : « Robert Badinter appartient à la conscience de la Nation. » Il a salué un homme dont le nom « devra s’inscrire aux côtés de ceux qui ont tant fait pour le progrès humain et pour la France ».
Cette reconnaissance fait suite à plusieurs années de demandes, tant de la société civile que du monde politique, pour qu’un tel hommage soit rendu à celui que beaucoup considèrent comme un modèle d’intégrité, d’éthique et d’humanisme.
L’entrée de Badinter au Panthéon viendra rappeler la portée universelle de son combat contre la peine de mort, à une époque où ce sujet reste d’actualité dans de nombreux pays. Mais l’homme d’État ne s’est pas arrêté à cette seule bataille. À la tête du ministère de la Justice, il a aussi initié des réformes majeures, comme la dépénalisation de l’homosexualité, l’amélioration des conditions carcérales, ou encore le renforcement des droits des victimes.
De 1986 à 1995, il préside le Conseil constitutionnel, où il contribue à renforcer la jurisprudence protectrice des libertés fondamentales. Puis, sénateur des Hauts-de-Seine de 1995 à 2011, il continue à porter la voix des plus vulnérables dans l’hémicycle, avec un attachement viscéral à l’équilibre démocratique des institutions.
L’inscription de Robert Badinter au Panthéon aura une dimension à la fois politique, morale et historique. À travers lui, c’est la France de l’humanisme juridique, des Lumières, et de l’universalisme républicain que la République choisit de célébrer. Il rejoint ainsi les figures tutélaires comme Victor Hugo, Jean Jaurès, ou plus récemment Simone Veil, qui ont incarné cette idée d’un progrès guidé par l’éthique.
La cérémonie d’octobre 2025 promet d’être fortement symbolique : à travers les discours, les hommages et la solennité du moment, c’est la victoire de la raison sur la vengeance, de la dignité sur la barbarie, qui sera mise en lumière.
L’entrée de Robert Badinter au Panthéon est bien plus qu’un hommage posthume. Elle marque la reconnaissance d’un homme dont l’œuvre a contribué à transformer la France, à lui donner une conscience juridique plus juste, plus humaine, plus lucide. En faisant de lui l’un des leurs, la Nation rend hommage à l’avocat, au ministre, au philosophe du droit, mais surtout à l’homme qui croyait en la grandeur de la justice républicaine.