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Six mois avec sursis requis contre un imam marseillais pour ses propos sur le Hamas

Le parquet de Marseille a requis six mois de prison avec sursis contre l’imam Smaïn Bendjilali pour apologie du terrorisme suite à des publications controversées. Le jugement est attendu le 30 mai 2025.

vieux port de Marseille avec vue sur notre dame de la garde

Le parquet de Marseille a requis, le lundi 25 mars 2025, une peine de six mois de prison avec sursis contre Smaïn Bendjilali, également connu sous le nom d’imam Ismaïl, accusé d’apologie du terrorisme après la diffusion de publications controversées sur les réseaux sociaux. Cette affaire relance le débat sur les limites entre la liberté d’expression et les discours pouvant inciter à la haine ou à la violence.

Deux publications au cœur du dossier

Le dossier porté devant le tribunal correctionnel de Marseille concerne deux publications effectuées en juillet 2024 sur le réseau social X (anciennement Twitter), où l’imam dispose d’une audience conséquente, évaluée à près de 10 800 abonnés. Ces messages ont rapidement attiré l’attention des autorités judiciaires, en raison de leur caractère potentiellement incendiaire dans un contexte international particulièrement tendu.

Dans l’une de ces publications, Smaïn Bendjilali avait republié une vidéo qualifiant de « légitime » l’attaque meurtrière menée par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, qui avait coûté la vie à plus de 1 200 personnes et provoqué une vague d’indignation internationale. La seconde publication controversée consistait en une comparaison choquante entre les soldats israéliens et l’organisation terroriste Daech, affirmant que « Daech à côté, ce sont des enfants de chœur ».

Des sanctions complémentaires demandées par la procureure

Audrey Jouaneton, procureure chargée du dossier, a requis plusieurs sanctions complémentaires à l’encontre de l’imam. Outre les six mois de prison avec sursis, elle a demandé une interdiction pour l’imam d’exercer une activité salariée au sein de la mosquée des Bleuets, lieu de culte où il officiait jusque-là.

Elle a également requis une interdiction totale d’utiliser le réseau social X pendant six mois, ainsi qu’une privation de ses droits civiques durant cinq ans. Enfin, elle souhaite que l’imam soit inscrit pendant cinq ans au Fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait), soulignant ainsi la gravité des faits reprochés.

L’imam plaide une mauvaise interprétation

Devant le tribunal, Smaïn Bendjilali s’est défendu en assurant ne pas nécessairement adhérer aux propos diffusés. « Relayer une information n’est pas forcément y adhérer », a-t-il tenté d’expliquer lors de l’audience. Une argumentation rapidement balayée par la procureure, qui a rappelé au prévenu la responsabilité particulière qui incombe à une personnalité publique, surtout lorsque celle-ci exerce une autorité morale ou spirituelle sur une communauté importante.

« Lorsqu’on est imam, qu’on a une audience importante, il faut mesurer le poids et l’impact de ses propos », a souligné Audrey Jouaneton, insistant sur la responsabilité accrue liée à la fonction religieuse exercée par le prévenu.

Verdict attendu fin mai

Le jugement du tribunal correctionnel de Marseille est attendu pour le 30 mai 2025. Cette décision sera particulièrement suivie, en raison de son impact potentiel sur les débats sociétaux en France concernant l’expression religieuse, les discours sur les réseaux sociaux et les enjeux liés à la prévention du terrorisme.

Cette affaire dépasse désormais le cadre strictement judiciaire et interroge plus largement la capacité des institutions à répondre aux risques de radicalisation en ligne, une problématique de plus en plus centrale pour les autorités françaises.

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