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DDPF : le groupe mystérieux derrière les violences contre l’administration pénitentiaire

Une série d’attaques coordonnées visent des établissements pénitentiaires français depuis le 13 avril. Incendies, tirs et menaces ciblent les prisons et leurs agents. Un mystérieux groupe, « DDPF », revendique certains actes. Une enquête antiterroriste est ouverte.

voiture en feu avec pompier

Depuis le 13 avril, une vague d’attaques d’une ampleur inédite frappe les établissements pénitentiaires en France. Dans la nuit du 15 au 16 avril, deux nouveaux sites ont été visés : le centre de détention de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et le centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers (Seine-et-Marne).

À Tarascon, trois véhicules appartenant au personnel ont été incendiés sur le parking sécurisé de l’établissement. À Meaux, c’est le hall d’un immeuble abritant un surveillant de prison qui a été la cible des flammes. À proximité, une inscription a été retrouvée : « DDPF » pour « Défense des détenus et prisonniers français », le même acronyme déjà apparu lors d’attaques précédentes.

Une série d’attaques coordonnées depuis plusieurs jours

Ces événements s’inscrivent dans une série d’incidents qui semblent se multiplier avec une coordination suspecte. Depuis le 13 avril, des actes de malveillance ciblent plusieurs établissements pénitentiaires à travers le pays : tirs d’armes automatiques à Toulon, incendies de véhicules à Marseille, ou encore dégradations et tags à Nanterre. Le mode opératoire varie, mais une constante demeure : les attaques visent l’administration pénitentiaire, ses infrastructures ou son personnel.

Ce climat de tension provoque une forte inquiétude chez les syndicats de surveillants, déjà éprouvés par des conditions de travail difficiles. Certains agents évoquent une montée de l’intimidation, tandis que les directions des établissements renforcent la sécurité autour des sites et des logements de fonction.

Le groupe « DDPF », nouveau visage d’un activisme violent ?

Les enquêteurs s’intéressent particulièrement à l’inscription « DDPF », sigle tagué à plusieurs reprises sur les lieux des attaques. Ce nom — « Défense des détenus et prisonniers français » — semble être la signature d’un collectif jusqu’ici inconnu, qui revendique certaines actions sur les réseaux sociaux.

La nature de ce groupe reste floue, mais plusieurs spécialistes n’écartent pas un lien avec des réseaux de narcobanditisme, en réaction à la récente politique de fermeté du gouvernement en matière de détention. La multiplication des mesures de sécurité dans les prisons, les transferts de détenus sensibles et la création d’unités ultra-sécurisées pourraient avoir déclenché une riposte concertée de milieux criminels organisés.

La réponse de l’État : enquête antiterroriste et fermeté affichée

Face à l’escalade, les autorités ont rapidement réagi. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a dénoncé une tentative de « déstabilisation de l’État » et a promis des moyens renforcés pour identifier les auteurs. L’exécutif soupçonne une volonté délibérée de saper l’autorité de l’administration pénitentiaire.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a été saisi. Il a ouvert une enquête pour « association de malfaiteurs terroriste » et « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste ». Cette qualification marque un tournant juridique majeur, soulignant la gravité des faits et les risques de nouvelles actions.

Des mesures de surveillance exceptionnelles ont été mises en place autour des établissements visés, ainsi que dans les zones d’habitation du personnel. Les syndicats réclament toutefois des moyens supplémentaires pour assurer la protection des agents, notamment des dispositifs d’alerte et des patrouilles renforcées.

Un climat de peur chez les agents et dans les quartiers pénitentiaires

Dans les rangs des surveillants, l’inquiétude est palpable. Plusieurs témoignages rapportent des sentiments de vulnérabilité croissante, notamment dans les zones résidentielles proches des prisons. « On est clairement visés, même chez nous », confie un agent de Meaux sous couvert d’anonymat.

Cette montée en puissance des attaques fait craindre une crise plus profonde du système pénitentiaire français, confronté à la fois à la surpopulation carcérale, aux tensions internes et à une pression croissante des réseaux criminels.

Alors que l’enquête suit son cours, une question demeure : s’agit-il d’une campagne ponctuelle de représailles, ou des prémices d’une nouvelle forme d’action violente contre l’État pénitentiaire ? Les prochains jours pourraient être décisifs pour éclairer cette menace encore mal identifiée.

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