Les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué, dimanche et lundi, deux attaques successives contre le porte-avions américain USS Harry S. Truman en mer Rouge. Selon un communiqué du mouvement soutenu par l’Iran, les frappes ont mobilisé un arsenal impressionnant comprenant des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones kamikazes.
La première attaque aurait eu lieu dimanche 16 mars et aurait visé non seulement le porte-avions mais aussi des navires de guerre qui l’accompagnaient. Moins de 24 heures plus tard, une seconde offensive aurait été déclenchée avec une stratégie similaire. Ces opérations marquent une escalade dans la confrontation entre les Houthis et les forces américaines, qui ont multiplié ces derniers mois les frappes contre des positions rebelles au Yémen.
Les États-Unis démentent toute perte
Si les Houthis affirment avoir frappé des cibles américaines avec précision, les autorités militaires américaines ne confirment pas ces allégations. D’après le Commandement central américain (CENTCOM), aucune perte ni aucun dégât n’ont été enregistrés à la suite des attaques annoncées. Selon plusieurs sources, les défenses aériennes du groupe naval américain auraient intercepté et détruit plusieurs projectiles avant qu’ils n’atteignent leurs cibles.
Des avions de combat américains auraient également été mobilisés pour contrer ces assauts. Les premières analyses de Washington laissent entendre que cette attaque était en représailles aux frappes menées samedi par l’US Air Force contre des positions houthis à Sanaa et Saada, qui auraient fait au moins 53 morts et une centaine de blessés parmi les rebelles.
Un conflit qui s’inscrit dans un contexte régional tendu
Ces attaques surviennent dans un climat déjà extrêmement volatil en mer Rouge, où les Houthis ont multiplié les frappes contre des navires commerciaux et militaires ces derniers mois. Depuis l’intensification du conflit entre Israël et le Hamas en octobre 2023, le mouvement chiite yéménite, allié de l’Iran, affirme agir en soutien aux Palestiniens en ciblant les intérêts occidentaux dans la région.
Face à cette menace croissante, les États-Unis et leurs alliés ont renforcé leur présence militaire dans la zone, avec notamment le déploiement de destroyers et de systèmes de défense avancés. L’administration Biden a également ordonné des frappes préventives contre les installations de lancement de missiles des Houthis afin de limiter leur capacité offensive.
Vers une escalade militaire entre Washington et les Houthis ?
La revendication de ces attaques contre l’USS Harry S. Truman soulève de nombreuses inquiétudes quant à une possible escalade militaire entre les États-Unis et les Houthis. Bien que les forces américaines minimisent l’impact des frappes annoncées par les rebelles, ces événements confirment que la menace houthie en mer Rouge est bien réelle et qu’elle pourrait pousser Washington à durcir encore davantage sa réponse militaire.
Le leader du mouvement, Abdul-Malik al-Houthi, a d’ailleurs prévenu que son groupe continuerait à frapper les navires américains et alliés tant que les attaques contre le Yémen se poursuivront. Une déclaration qui laisse entrevoir un bras de fer de plus en plus intense entre les Houthis et les forces occidentales opérant dans la région.

