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Jeudi de l’Ascension : origine de ce jour férié et de cette fête chrétienne

Le jeudi de l’Ascension, célébré 40 jours après Pâques, commémore la montée au ciel du Christ. Jour férié en France, il mêle traditions religieuses, week-end prolongé et débats sur la laïcité.

jeudi de l'ascension

Le jeudi de l’Ascension est l’une des principales fêtes du calendrier chrétien. Elle commémore un moment essentiel de la foi chrétienne : l’élévation de Jésus-Christ au ciel, quarante jours après sa résurrection célébrée à Pâques. Selon les Évangiles, et plus précisément les Actes des Apôtres (chapitre 1, versets 6 à 11), Jésus réunit ses disciples sur le mont des Oliviers, leur donne ses dernières instructions, puis s’élève dans les cieux sous leurs yeux, promettant l’envoi prochain de l’Esprit Saint.

Cet événement marque symboliquement la fin de sa présence terrestre et le début de la mission de l’Église. Cette célébration trouve ses racines dans les premiers siècles du christianisme et est attestée dès le IVe siècle.

Une date fixe mais un calendrier mobile

L’Ascension ne tombe jamais à la même date, mais elle est toujours célébrée un jeudi, ce qui en fait un cas unique dans le calendrier des fêtes chrétiennes. La raison en est simple : l’Ascension est fixée à quarante jours après le dimanche de Pâques, en référence directe au récit biblique. Ainsi, la date varie d’une année à l’autre en fonction de la date de Pâques, qui elle-même dépend du calendrier lunaire.

En 2025, le jeudi de l’Ascension aura lieu le 29 mai. Le caractère immuable du jeudi donne à cette fête une identité forte, bien connue du grand public, croyant ou non.

Un jour férié ancré dans l’histoire française

En France, le jeudi de l’Ascension est un jour férié officiel, reconnu par le Code du travail. Il fait partie des fêtes religieuses héritées du Concordat de 1801, un accord signé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII, qui organise les relations entre l’Église catholique et l’État. Le Concordat prévoyait quatre fêtes religieuses reconnues comme jours fériés : Noël, l’Ascension, l’Assomption (15 août) et la Toussaint (1er novembre).

Ce statut est conservé même après la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État. Ainsi, l’Ascension reste chômée dans de nombreux secteurs, bien que certaines entreprises ou services essentiels maintiennent leur activité.

Des traditions religieuses encore vivantes

Pour les fidèles chrétiens, et en particulier pour les catholiques, l’Ascension est marquée par des messes solennelles, des lectures bibliques spécifiques et parfois des processions. Les textes lus en ce jour mettent l’accent sur la promesse de Jésus de ne pas abandonner ses disciples, annonçant l’envoi de l’Esprit Saint, qui sera célébré dix jours plus tard, à la Pentecôte.

Dans certaines régions rurales ou plus pratiquantes, des bénédictions de champs ou des pèlerinages sont organisés, perpétuant des rites anciens. En Allemagne, par exemple, ce jour coïncide avec la fête de la « journée des pères », souvent célébrée dans une ambiance festive, mêlant coutumes religieuses et traditions populaires.

Un rendez-vous apprécié des Français

Au-delà de sa portée religieuse, le jeudi de l’Ascension est aussi devenu un repère dans le calendrier des Français, souvent associé à un long week-end de printemps. Comme il tombe toujours un jeudi, nombreux sont ceux qui prennent également leur vendredi pour « faire le pont » et profiter de quatre jours consécutifs de repos.

Ce moment est souvent l’occasion de partir en famille ou entre amis, de profiter du retour des beaux jours, voire de programmer des courts séjours ou des escapades touristiques. Les professionnels du tourisme constatent régulièrement une hausse des réservations pour ce week-end prolongé, notamment dans les zones rurales, en bord de mer ou à la montagne.

Une fête célébrée dans plusieurs pays

Le jeudi de l’Ascension est reconnu comme jour férié dans de nombreux pays d’Europe et au-delà. C’est notamment le cas en Allemagne, Suisse, Belgique, Luxembourg, Autriche, Pays-Bas, Danemark, Norvège ou encore en Indonésie, pays à majorité musulmane, mais qui reconnaît aussi certaines fêtes chrétiennes.

En revanche, d’autres pays comme le Royaume-Uni ou les États-Unis ne le célèbrent pas comme un jour chômé, bien qu’il figure parfois dans les calendriers liturgiques des Églises anglicane et protestante.

Un enjeu autour de la laïcité en milieu scolaire

En France, le jour de l’Ascension étant férié, les établissements scolaires ferment également leurs portes, et un décret ministériel prévoit souvent que le vendredi suivant soit lui aussi non travaillé pour les élèves, permettant un vrai pont. Ce traitement différencié des fêtes religieuses peut parfois soulever des questions dans le débat public, notamment en lien avec le principe de laïcité et la représentation des différentes religions dans les jours fériés nationaux.

Certains syndicats ou associations plaident depuis plusieurs années pour une réforme du calendrier des jours fériés, plus représentative de la diversité religieuse en France. Toutefois, aucune réforme d’ampleur n’a à ce jour été adoptée sur ce sujet.

Une portée spirituelle toujours d’actualité

Pour les croyants, l’Ascension reste un moment chargé de sens théologique. Elle exprime la continuité entre la Résurrection et la glorification du Christ, ainsi que l’espérance d’un retour futur. Elle rappelle également que le message chrétien se poursuit à travers l’action des croyants dans le monde.

Le fait que cette fête soit toujours célébrée, plus de 2000 ans après les événements bibliques qu’elle évoque, témoigne de sa force symbolique, même dans une société de plus en plus sécularisée. Si certains n’en retiennent que l’opportunité d’un jour de congé, d’autres continuent d’y voir une occasion de réflexion et de foi.

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