Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé ce 28 mai la mort de Mohammed Sinouar, chef présumé du Hamas à Gaza, tué lors d’une frappe ciblée israélienne menée mi-mai à Khan Younès.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé ce 28 mai la mort de Mohammed Sinouar, chef présumé du Hamas à Gaza, tué lors d’une frappe ciblée israélienne menée mi-mai à Khan Younès.

Mercredi 28 mai 2025, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a officiellement annoncé devant la Knesset la mort de Mohammed Sinouar, considéré par Israël comme le chef militaire du Hamas dans la bande de Gaza. Selon lui, cette élimination marque un tournant important dans la lutte contre le mouvement islamiste, qualifié de terroriste par Israël et plusieurs pays occidentaux.
« Nous avons atteint un objectif stratégique majeur, a déclaré Netanyahu, affirmant que Sinouar avait trouvé la mort lors d’une opération menée deux semaines auparavant dans le sud de la bande de Gaza.
Selon les autorités israéliennes, la mort de Sinouar serait survenue lors d’une frappe menée le 13 mai contre un centre de commandement souterrain du Hamas situé sous l’hôpital européen de Khan Younès, dans le sud de l’enclave palestinienne. Ce site, soupçonné d’abriter des hauts cadres militaires du Hamas, avait été ciblé après des semaines de renseignements collectés par Tsahal.
C’est là que les corps de Mohammed Sinouar et de Muhammad Shabana, commandant de la brigade de Rafah, auraient été retrouvés. Pour l’heure, le Hamas n’a pas confirmé la mort de Sinouar, laissant planer le doute sur l’ampleur réelle de la frappe.
Né en 1975 à Khan Younès, Mohammed Sinouar était le frère cadet de Yahya Sinouar, ancien chef politique du Hamas dans la bande de Gaza, tué en octobre 2024 lors d’une autre opération israélienne. Si son frère était une figure publique connue, Mohammed agissait dans l’ombre comme l’un des principaux stratèges militaires du Hamas, membre influent des Brigades Izz al-Din al-Qassam, la branche armée du mouvement.
D’après les services de renseignement israéliens, il aurait joué un rôle central dans la planification de l’attaque du 7 octobre 2023, qui avait provoqué une nouvelle escalade meurtrière entre Israël et le Hamas.
Avec la mort présumée de Mohammed Sinouar, le Hamas perd une figure militaire centrale dans sa hiérarchie. Cette perte s’ajoute à celle de plusieurs autres cadres tués ces derniers mois, dont Yahya Sinouar lui-même et Mohammed Deif, commandant en chef des Brigades al-Qassam. Cette série de pertes fragilise l’organisation du Hamas, dont la capacité de coordination sur le terrain est de plus en plus remise en question par les analystes.
Certains observateurs estiment que ces éliminations pourraient intensifier les tensions internes entre les factions politiques et militaires du Hamas, et compliquer les efforts diplomatiques visant à instaurer un cessez-le-feu durable dans la région.
L’annonce de la mort de Sinouar intervient dans un contexte de guerre qui se prolonge désormais depuis plus de sept mois dans la bande de Gaza. L’opération israélienne « Glaive de fer », lancée après les attaques du 7 octobre, a causé des dizaines de milliers de morts, principalement du côté palestinien. Les négociations pour un cessez-le-feu, menées sous l’égide de pays comme l’Égypte, le Qatar et les États-Unis, sont dans l’impasse.
Israël continue d’exiger la libération de tous les otages israéliens encore détenus, tandis que le Hamas réclame un arrêt complet des frappes et le retrait des troupes israéliennes. Dans ce climat tendu, la mort de Mohammed Sinouar pourrait relancer les discussions… ou, au contraire, les rendre plus complexes.
L’élimination de Mohammed Sinouar s’inscrit dans une stratégie israélienne de décapitation du commandement du Hamas, menée depuis plusieurs mois. Malgré les succès tactiques revendiqués par Israël, le Hamas n’est pas éradiqué, et conserve encore des capacités de résistance et de nuisance.
Sur le plan politique, cette annonce pourrait renforcer Benjamin Netanyahu, dont le gouvernement est de plus en plus contesté en Israël même pour sa gestion de la guerre, les pertes humaines, et l’absence de perspectives claires de sortie de crise. L’armée israélienne a déjà fait savoir qu’elle poursuivrait ses opérations tant que le Hamas ne sera pas totalement neutralisé.
Si la disparition de Mohammed Sinouar constitue un événement symbolique fort pour Israël, elle ne signifie pas pour autant la fin du Hamas, ni celle du conflit à Gaza. Le cycle de violence reste intact, et l’avenir de la région toujours aussi incertain. La mort d’un chef militaire de premier plan ne suffira pas, à elle seule, à faire taire les armes.
Elle pourrait même, dans certains cas, radicaliser davantage les combattants du Hamas, qui cherchent à venger leurs dirigeants tombés au combat. En ce sens, l’annonce de Netanyahu, aussi solennelle soit-elle, laisse en suspens les véritables lendemains de ce conflit qui s’éternise.