Une surveillante pénitentiaire d’Amiens a été visée à son domicile, dans un contexte de pressions croissantes contre les prisons. Cet acte s’inscrit dans une série d’attaques récentes, revendiquées par le mystérieux collectif DDPF.
Une surveillante pénitentiaire d’Amiens a été visée à son domicile, dans un contexte de pressions croissantes contre les prisons. Cet acte s’inscrit dans une série d’attaques récentes, revendiquées par le mystérieux collectif DDPF.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 avril à Amiens. Une surveillante du centre pénitentiaire local a découvert sa boîte aux lettres taguée et les pneus de sa voiture personnelle crevés, devant son domicile. C’est Alexandre Caby, secrétaire général de l’UFAP-UNSA Justice, qui a révélé l’information en direct sur CNews, dénonçant un acte de « tentative d’intimidation » visant une agente de l’administration pénitentiaire dans un cadre privé.
L’incident n’a, heureusement, pas fait de blessé, mais il vient renforcer un climat de tension palpable dans les rangs du personnel pénitentiaire. Les syndicats alertent depuis plusieurs jours sur une multiplication des pressions, y compris en dehors des établissements. Le caractère ciblé de l’acte laisse peu de doute sur la volonté de nuire ou d’effrayer l’agente.
Cet événement s’ajoute à une série d’attaques coordonnées contre des établissements pénitentiaires dans plusieurs régions de France depuis le 13 avril. À Toulon, Nanterre, Villepinte, Marseille ou encore Valence, des voitures de surveillants ont été incendiées, des coups de feu ont été tirés contre des bâtiments administratifs, et des murs ont été couverts de tags menaçants.
Dans plusieurs cas, une signature a été retrouvée : les lettres « DDPF », pour « Droit des Détenus et Prisonniers Français« , accompagnées de messages revendicatifs. Ce mystérieux collectif, apparu récemment sur Telegram, dénonce les conditions de détention et appelle à « faire payer » les surveillants. Aucun blessé n’a été recensé jusqu’à présent, mais l’organisation des attaques et leur intensité inquiètent au plus haut niveau de l’État.
Si jusqu’ici les attaques visaient les lieux de travail, l’affaire d’Amiens marque un tournant : les domiciles des agents ne sont plus hors d’atteinte. Pour Alexandre Caby, cela constitue un franchissement de ligne rouge. « Quand un agent n’est même plus en sécurité chez lui, on ne parle plus seulement de pressions professionnelles. C’est une atteinte directe à l’intégrité de la personne. »
L’UFAP demande l’ouverture immédiate d’une enquête et appelle le gouvernement à protéger les données personnelles des agents pénitentiaires. Le risque de voir d’autres agents ciblés à leur domicile devient une réelle source d’inquiétude.
Face à cette escalade, le ministère de la Justice a annoncé le renforcement de la sécurité autour de plusieurs établissements. La DGSI et le parquet national antiterroriste ont été saisis de certains dossiers, notamment à Toulon et Marseille, où des armes à feu ont été utilisées. Des patrouilles supplémentaires ont été déployées dans les zones les plus sensibles.
Les autorités n’écartent aucune hypothèse : certains enquêteurs envisagent un lien avec des groupes anarchistes, d’autres penchent pour des réseaux liés au narcotrafic, particulièrement touchés par les récentes mesures gouvernementales d’isolement des détenus influents.
Ce nouvel épisode à Amiens ravive les inquiétudes d’une profession déjà à bout. Avec plus de 81 000 détenus pour 62 000 places, la surpopulation carcérale ne cesse d’augmenter. Les surveillants, confrontés à une charge de travail massive, se sentent aujourd’hui également menacés dans leur sphère privée. Certains redoutent une perte de vocation et une vague de départs si la situation perdure.
Le cas de la surveillante d’Amiens pourrait faire jurisprudence, à condition qu’une réponse claire, rapide et exemplaire soit apportée. En attendant, les syndicats appellent à une mobilisation nationale pour dénoncer les violences subies et réclamer des garanties de sécurité pour tous les personnels pénitentiaires.
Dans ce climat électrique, l’uniforme semble désormais coller à la peau, même au seuil du domicile.