Anne-Sophie Lapix quittera le 20h de France 2 le 26 juin. Elle rejoindra RTL et M6 dès la rentrée, avec une émission quotidienne sur RTL et un grand entretien dominical sur M6.
Anne-Sophie Lapix quittera le 20h de France 2 le 26 juin. Elle rejoindra RTL et M6 dès la rentrée, avec une émission quotidienne sur RTL et un grand entretien dominical sur M6.

Le jeudi 26 juin prochain, Anne-Sophie Lapix présentera son dernier journal de 20h sur France 2, mettant fin à huit années à la tête du rendez-vous d’information du soir du service public. Son départ, initialement prévu pour la mi-juillet, a été avancé à la demande de France Télévisions, marquant ainsi une sortie plus rapide que prévu.
En interne, l’annonce de la date a été faite cette semaine. Ce départ précipité s’inscrit dans une décision unilatérale de la direction de France Télé, soucieuse de renouveler l’image du 20 heures, selon plusieurs sources proches du dossier.
Arrivée à la tête du 20h en 2017, Anne-Sophie Lapix a succédé à David Pujadas dans un climat tendu. Malgré un accueil parfois réservé en interne et des critiques sur son style incisif, la journaliste a su imposer sa marque, avec des interviews politiques directes et une posture souvent saluée pour sa rigueur. Sa neutralité éditoriale et sa constance lui ont permis de gagner une audience fidèle, même si les scores d’audience sont restés en deçà de ceux de TF1.
Son départ marque donc la fin d’un cycle au sein de France Télévisions. Un départ sans amertume en apparence, même si certains observateurs soulignent une forme de mise à l’écart, jamais explicitement confirmée par la direction. Pour autant, Anne-Sophie Lapix ne quitte pas la scène médiatique, bien au contraire.
Dès la rentrée de septembre 2025, la journaliste prendra les rênes de la tranche 18h-20h sur RTL, du lundi au jeudi. Elle y assurera la présentation de la grande session d’information de la station, avec un format en deux temps : d’abord l’actu du jour de 18h à 19h15, puis le débat emblématique « On refait le monde » à partir de 19h15. Elle succède ainsi à Vincent Parizot et incarne une volonté de repositionnement haut de gamme de la part de RTL.
En parallèle, M6 confie à Anne-Sophie Lapix un nouveau rendez-vous dominical, centré sur un grand entretien avec une personnalité d’actualité. Ce format, encore en cours de conception, se veut ambitieux, incisif et grand public, dans la lignée des modèles anglo-saxons. M6 prévoit également de lui confier des émissions événementielles en prime time, sur des sujets d’actualité politique ou sociétale, dans la perspective notamment des prochaines élections présidentielles.
Le recrutement d’Anne-Sophie Lapix marque un tournant pour le groupe M6, qui cherche à consolider sa légitimité dans le domaine de l’information, alors que la chaîne a longtemps été considérée comme plus généraliste et divertissante. En misant sur une figure reconnue de l’information télévisée, le groupe veut capitaliser sur la notoriété de Lapix et développer une ligne éditoriale plus sérieuse, sans pour autant renoncer à l’accessibilité.
Ce double poste sur RTL et M6 rappelle d’ailleurs l’organisation choisie pour d’autres personnalités du groupe, comme Jean-Jacques Bourdin à l’époque de RMC/BFM, mêlant radio et télé pour maximiser la présence médiatique.
Le départ d’Anne-Sophie Lapix laisse vacant l’un des postes les plus stratégiques de France Télévisions. Pour l’heure, aucun successeur n’a officiellement été annoncé, même si plusieurs noms circulent déjà dans les couloirs du service public. Parmi eux, Carole Gaessler, actuellement sur France 3, ou Julian Bugier, déjà familier du JT, sont régulièrement évoqués. Le défi est de taille : relancer une audience en stagnation, tout en préservant la crédibilité de l’information publique, dans un paysage audiovisuel en mutation rapide.
Alors que la concurrence se fait de plus en plus rude, la rentrée de septembre 2025 pourrait bien marquer une nouvelle étape dans la guerre des chaînes d’info, entre figures établies, nouveaux formats et transformations numériques. Pour Anne-Sophie Lapix, l’heure n’est plus à la stabilité mais à la réinvention. Un défi qu’elle semble prête à relever.