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Domino’s Pizza : une fraude à 675 000 € cuite à point dans les Hauts-de-France

Domino's pizza

Coulisses d’une fraude bien huilée chez Domino’s Pizza dans les Hauts-de-France

Dans l’arrière-boutique de plusieurs franchises Domino’s Pizza de la région Hauts-de-France, deux cadres, aujourd’hui jugés devant le tribunal correctionnel de Lille, ont mis en place un stratagème aussi discret qu’efficace. Pendant près de trois ans, ils auraient détourné plus de 675 000 euros, en jouant avec les failles du système informatique interne. Leur procès, tenu le 21 mars 2024, met en lumière les limites de certains dispositifs de contrôle dans les chaînes de restauration rapide.

Un système d’annulation frauduleuse de commandes

L’arnaque, à la fois simple et habile, reposait sur l’annulation fictive de commandes pourtant bel et bien livrées et encaissées. En pratique, une fois les pizzas remises aux clients, les deux cadres annulaient les ventes dans le logiciel de caisse. Résultat : la commande disparaissait des radars de la comptabilité. Mais l’argent, lui, était bien réel. En liquide, il était récupéré puis conservé hors du circuit officiel.

Selon l’enquête, cette mécanique a été répétée à de nombreuses reprises entre 2019 et 2022 dans plusieurs établissements, notamment à Lille, Lens et Arras. L’ampleur du préjudice est estimée à 675 000 euros. Ce sont les audits internes du franchiseur qui ont mis à jour les irrégularités, avant que l’affaire ne soit transmise à la justice.

Un projet d’achat de franchise avec l’argent détourné

Ce détournement massif n’avait rien d’un simple bonus clandestin. Selon l’accusation, l’un des deux prévenus aurait utilisé une partie des fonds pour racheter un Domino’s à Saint-Omer, officialisant ainsi sa propre franchise. Une tentative d’ascension professionnelle bâtie sur une fraude.

Face au tribunal, les deux hommes ont reconnu les faits, tout en minimisant leur intention initiale. L’un d’eux évoque un « système qui s’est emballé », une dérive progressive plutôt qu’un plan prémédité. Aucun des deux n’a tenté de nier la matérialité des faits. Leurs avocats ont plaidé l’erreur de jugement et une gestion « artisanale » des finances, évoquant un contexte de pression commerciale et de difficulté à atteindre les objectifs de rentabilité.

Des peines de prison avec sursis requises

Lors de l’audience, le ministère public a requis deux ans de prison avec sursis contre le principal mis en cause, celui qui a racheté une franchise avec les fonds détournés. Pour son complice, les réquisitions sont de 18 mois avec sursis. Le procureur a souligné la gravité des faits et la volonté manifeste de tromper l’entreprise à des fins personnelles.

Le jugement a été mis en délibéré au 23 mai 2024. En attendant, les deux anciens cadres restent libres, dans l’attente de savoir si la justice considérera leur fraude comme un simple « déraillement » ou comme une escroquerie bien planifiée.

Un coup dur pour la réputation des franchises locales

Au-delà du volet judiciaire, cette affaire a jeté une ombre sur plusieurs enseignes Domino’s du nord de la France. Bien que la maison-mère ne soit pas directement mise en cause, elle se retrouve contrainte de renforcer ses mécanismes de contrôle, notamment sur les flux de commandes et la traçabilité des transactions.

Cette affaire rappelle que les chaînes de restauration, malgré leur apparente solidité, restent vulnérables aux abus internes lorsqu’un contrôle rigoureux ne suit pas chaque étape du processus de vente. La confiance, comme la pâte à pizza, peut se dégonfler très vite.

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