Israël a lancé une frappe aérienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, rompant une trêve instaurée en novembre 2024. L’attaque survient après des tirs de roquettes venus du Liban.
Israël a lancé une frappe aérienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, rompant une trêve instaurée en novembre 2024. L’attaque survient après des tirs de roquettes venus du Liban.

Une frappe aérienne israélienne a visé ce vendredi 28 mars un bâtiment situé dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, marquant un tournant significatif après quatre mois de calme relatif entre Israël et le mouvement chiite libanais. Il s’agit de la première attaque majeure sur la capitale libanaise depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, qui avait mis fin à plusieurs semaines d’affrontements à la frontière sud du Liban.
Selon les témoins, l’explosion a provoqué une épaisse colonne de fumée noire visible à travers la ville, tandis qu’une forte détonation secouait les immeubles alentours. La frappe a visé un bâtiment considéré comme stratégique, situé dans le quartier de Dahiyeh, bastion traditionnel du Hezbollah.
Avant l’attaque principale, l’armée israélienne a procédé à trois frappes de drones de faible intensité sur la cible, une méthode souvent utilisée pour avertir les civils et leur permettre d’évacuer. Des messages d’alerte ont également été diffusés par haut-parleurs dans la zone, selon plusieurs sources locales. Ces frappes d’avertissement ont permis une évacuation partielle du bâtiment, réduisant potentiellement les pertes humaines.
Cette attaque intervient quelques heures après des tirs de roquettes lancés depuis le sud du Liban vers le nord d’Israël. Le Hezbollah a nié toute responsabilité dans ces tirs, affirmant ne pas être à l’origine de l’escalade. Israël, de son côté, a affirmé qu’il ne laisserait aucune attaque sans réponse. « Tant qu’il n’y aura pas de sécurité au nord d’Israël, il n’y aura pas de paix à Beyrouth », a déclaré le ministre israélien de la Défense.
Le cessez-le-feu de novembre 2024 avait été conclu après un mois d’escalade à la frontière israélo-libanaise. Il prévoyait notamment le retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un engagement du Hezbollah à désarmer dans certaines zones. Toutefois, des violations régulières ont été signalées depuis, chaque camp accusant l’autre de manquements.
La frappe de vendredi remet en question la viabilité de l’accord. Le Hezbollah a dénoncé une agression délibérée visant à « déstabiliser le Liban » et a promis de « répondre au moment et à l’endroit de son choix ».
Cette nouvelle escalade ravive les craintes d’un conflit régional plus large, alors que la situation reste tendue également à Gaza et en Cisjordanie. La communauté internationale, jusqu’ici silencieuse, pourrait être poussée à réagir si les affrontements reprennent avec plus d’intensité.
Le retour des frappes israéliennes sur Beyrouth laisse craindre une reprise rapide des hostilités, dans une région où les équilibres sont aussi précaires que les trêves.