Une minute de silence a été observée à Hiroshima, 80 ans après le bombardement nucléaire. Survivants, responsables et diplomates ont honoré les victimes et rappelé l’urgence du désarmement nucléaire face aux tensions mondiales.
Une minute de silence a été observée à Hiroshima, 80 ans après le bombardement nucléaire. Survivants, responsables et diplomates ont honoré les victimes et rappelé l’urgence du désarmement nucléaire face aux tensions mondiales.

Ce mercredi 6 août 2025, à 8h15 heure locale, le Japon a observé une minute de silence à Hiroshima, marquant les 80 ans jour pour jour depuis que la première bombe atomique de l’histoire a été larguée sur la ville. Une cérémonie solennelle s’est tenue au Parc du Mémorial de la Paix, en présence de survivants, de familles des victimes, de membres du gouvernement japonais et de représentants étrangers.
À l’heure exacte où l’avion américain Enola Gay a largué la bombe « Little Boy » sur Hiroshima en 1945, les cloches ont résonné dans toute la ville, suivies d’un silence chargé d’émotion. Le Premier ministre japonais Fumio Kishida, natif d’Hiroshima, a pris la parole :
« Nous devons redoubler d’efforts pour parvenir à un monde sans armes nucléaires. »
Près de 50 000 personnes se sont rassemblées dans la ville pour rendre hommage aux quelque 140 000 victimes décédées des suites immédiates ou différées du bombardement. Beaucoup ont déposé des fleurs au pied du cénotaphe portant les noms des morts.
Les hibakusha – survivants des bombardements – étaient au cœur de la cérémonie. Aujourd’hui très âgés, ils continuent de témoigner pour maintenir la mémoire du drame vivante.
Setsuko Thurlow, 93 ans, rescapée de l’explosion, a déclaré dans un message diffusé lors de l’événement :
« Nous avons vu l’enfer sur Terre. Il est de notre devoir que cela ne se reproduise jamais. »
Les témoignages de ces survivants sont régulièrement utilisés dans les écoles japonaises pour sensibiliser les jeunes générations à l’horreur nucléaire.
Plusieurs représentants diplomatiques de pays nucléaires étaient présents, dont des envoyés des États-Unis, de France, du Royaume-Uni et de Russie, signe d’un effort diplomatique pour soutenir le message pacifiste de la cérémonie. Toutefois, comme chaque année, les tensions internationales et la modernisation des arsenaux nucléaires jettent une ombre sur les engagements proclamés.
L’ONU, par la voix de son Secrétaire général António Guterres, a rappelé dans un message vidéo que :
« Les armes nucléaires n’ont pas leur place dans notre monde. Il est temps de désamorcer cette menace, une fois pour toutes. »
Malgré les appels récurrents au désarmement, neuf pays détiennent encore plus de 12 000 ogives nucléaires selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI). Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), entré en vigueur en 2021, reste ignoré par les principales puissances nucléaires.
Au Japon, pays dont la Constitution interdit toute offensive militaire, la question nucléaire demeure très sensible, notamment en raison des tensions en Asie du Nord-Est. Le Japon, sous le parapluie nucléaire américain, reste dans une position délicate entre mémoire pacifiste et réalités stratégiques.
Le Dôme de la bombe atomique, structure calcinée restée debout après l’explosion, est devenu un symbole universel de la paix. Le parc mémoriel accueille chaque année des millions de visiteurs du monde entier.
Cette année, à l’occasion du 80e anniversaire, des lanternes flottantes ont été déposées sur la rivière Motoyasu dans la soirée, en hommage aux victimes. Leurs lumières, dérivant lentement, ont rappelé à tous la fragilité de la paix.